Energie géothermique : Mine Con, un projet jamais enterré

16 juin 2011
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Le puits de mine Robertson pourrait abriter ce système géothermique (Archives L'Aquilon)

Le puits de mine Robertson pourrait abriter ce système géothermique (Archives L'Aquilon)

Une entreprise canadienne veut financer et administrer le projet de la mine Con en partenariat avec la ville de Yellowknife.

 

Malgré le rejet référendaire du 14 mars dernier, le projet de chauffage à l’énergie géothermique dans la capitale ténoise n’aurait jamais été mis au rancart. C’est ce qu’affirme le maire de Yellowknife après qu’un protocole d’entente entre la ville de Yellowknife et une entreprise canadienne a été annoncé le 13 juin dernier.

« Avec le référendum de ce printemps, rappelle Gordon Von Tighem, nous avons demandé aux résidents de Yellowknife combien d’argent ils nous laisseraient emprunter pour investir [dans ce projet], ils nous ont dit : aucun! Mais dans le processus d’élaboration du projet, nous avions demandé à des entreprises spécialisées en énergie si elles souhaitaient prendre part au projet. Cinq d’entre elles avaient répondu oui, disant que c’était un excellent plan d’affaires et qu’il paraissait techniquement faisable. »

Sans la capacité d’investir dans le projet, la ville de Yellowknife a finalement choisi une des cinq compagnies afin de mener à bien ce pari énergétique.

C’est finalement Corix Utilities, une entreprise britanno-colombienne qui a été présentée lundi, à la suite d’une réunion régulière du conseil municipal, pour développer, mettre en œuvre et exploiter le projet d’alimenter le centre-ville de Yellowknife avec l’énergie calorifique enfouie sous la défunte mine d’or Con. Si Corix Utilities a accepté de financer le projet et de l’administrer, l’entente de principe inclut également la ville comme partenaire dans ce plan d’affaires.

« Notre rôle de premier investisseur pour ce projet a changé, mais l’intention est restée la même : voir cette ressource être développée et s’assurer qu’elle profite aux résidents de Yellowknife dans le futur », de déclarer Robert Long, l’agent administratif principal de Yellowknife, dans un communiqué qui annonce l’entente.

Gordon Von Tighem explique que si la ville a choisi Corix, « c’est qu’ils souhaitent investir dans la collectivité et promouvoir l’éducation supérieure au sein des collectivités en plus d’être très expérimentés pour ce genre de projet ». Les deux parties se sont ainsi entendues pour parler davantage. « Ils vont explorer le projet un peu plus, et s’ils sont capables d’en démontrer la viabilité, nous déterminerons en quelle mesure la ville de Yellowknife pourrait participer financièrement grâce à des subventions », présente le maire. Ce dernier ajoute que c’est au mois de novembre prochain qu’il reviendra aux intéressés de décider si la géothermie à Yellowknife se concrétisera en un réel partenariat.

Sans implication financière, il y aura moins d’implication du public. Toutefois, si le projet va de l’avant, une chose est pourtant sûre : la ville gardera son droit de parole pour s’assurer que le prix de ce service de chauffage n’atteindra pas des sommets exorbitants. La ville aura également son mot à dire quant aux lieux où le service sera disponible. De plus, lorsque l’entreprise aura été remboursée, les actifs du projet Con seront détenus par la ville, peut-être dans un peu plus d’un demi-siècle.

La compagnie Corix est spécialisée dans les infrastructures énergétiques et le traitement de l’eau. Le mois passé, elle a remporté un contrat de 13,8 millions de dollars pour construire cinq nouvelles usines de traitement de l’eau dans cinq collectivités ténoises (Jean Marie River, Wrigley, Trout Lake, Fort Good Hope et Lutsel K'e). Deux d’entre elles seront installées avant la fin de l’été 2011, tandis que les trois autres devraient être en place dès l’été 2012.