Marché fermier de Yellowknife : Mettre la table

14 mai 2015
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La présidente du Marché fermier, France Benoit (Photo : Denis Lord)

La présidente du Marché fermier, France Benoit (Photo : Denis Lord)

- Nous avons presque 1 M$ d'impact économique (France Benoit)
 

Le Marché fermier de Yellowknife ouvrira ses portes le mois prochain, mais ses organisateurs travaillent déjà depuis octobre dernier à préparer l'été. Bienvenue dans les coulisses.
Les répits sont courts dans le monde des marchés. Celui de Yellowknife ferme à la mi-septembre, mais déjà, le mois suivant, le conseil d'administration tient son assemblée générale annuelle et prépare le Marché de Noël. En janvier, les préparatifs reprennent de plus belle, avec la mise à jour du manuel des vendeurs et l'embauche d'un coordonnateur et de son assistant. II faut mettre à jour les relations avec la ville, démarcher la publicité, sonder le retour des vendeurs... et en faire le tri selon des critères précis. « Les vendeurs doivent être des gens de la place, explique la présidente du Marché fermier, France Benoit, et vendre des produits locaux qu'on ne retrouve pas en magasin. » France ajoute qu'on limite le nombre de vendeurs pour un même produit et qu'un ratio d'un artisan pour six producteurs agroalimentaires est établi. Le comité de sélection est composé de membres du conseil d'administration et de la communauté.
La troisième édition du Marché verra le retour des Roving Gardeners, une petite coopérative dont les membres mettent en commun divers espaces pour la production.

Partage et partenariat
Parallèlement, le Marché fermier travaille à développer son programme de partage des terres, où on invite les propriétaires fonciers et la ville à rendre accessible aux jardiniers leurs espaces inutilisés, terrasses, platebandes et autres serres. « Nous croyons qu'il y a de l'expansion à mettre là-dedans, suppute France Benoit. On veut mettre l'emphase sur ça. Quelqu'un va s'occuper de la publicité et approcher la ville, peut-être même faire du porte-à-porte auprès de la population. »
La ville de Yellowknife, considère la présidente du Marché, s'est avérée jusqu'à maintenant un partenaire étoile. Elle a été compréhensive et a réparti sur cinq ans une augmentation du prix du loyer, laissant le temps à l'organisation de se solidifier. « Ils acceptent aussi que le Marché soit le seul à avoir un permis d'entreprise, de dire France Benoit, tant que tous les vendeurs sont membres et ne vendent qu'au marché. » On a vu pire comme contrainte administrative.

Incubation et convivialité
Le Marché fermier se veut à la fois occasion économique et espace convivial. Ces deux fonctions semblent pleinement accomplies. « Un de nos buts est d'être un incubateur de petites entreprises, explique France Benoit. Quelqu'un qui a vendu au marché pendant deux ans s'est acheté une popotte roulante et vendra cette année dans la rue. Ça a été positif pour eux d'essayer des recettes chez nous. Une femme vendait l'an passé sa bannique sur le coin de la table de quelqu'un d'autre, cette année, elle est seule. Les gens prennent de l'assurance et quand tu as un bon produit, les clients reviennent. »
Cet été, une bourse du Conseil des arts des Territoires du Nord-Ouest permettra au Marché fermier d'embaucher des artistes pour performer à l'amphithéâtre du parc Somba K'e. Le Marché fermier apporte des retombées annuelles de presque 1 M$ (sans calculer le Marché de Noël), assure France Benoit.
Y a pas que l'argent. Il y a le plaisir d'une ville vivante, celui de la réappropriation de l'espace public. « Entre 300 et 400 personnes passent ici chaque semaine, de dire France Benoit, qui œuvre parallèlement à l'élaboration d'une charte de l'autarcie alimentaire. Ce qui est beau, c'est qu'il y a de jeunes familles qui font ici des activités, des gens qui se donnent rendez-vous. »
Le Marché fermier de Yellowknife 2015 se tiendra du 2 juin au 15 septembre, de 17 h 15 à 19 h 30. Un sondage devrait être effectué cette année dans l'optique d'un éventuel recentrage de l'organisation.