Les résidents ténois ne devraient pas avoir l'impression qu'un hiver
précoce est en train de les frapper cet automne si les prévisions
météorologiques d'Environnement Canada s'avèrent exactes. Le pronostic
s'annonce plutôt positif pour les gens qui préfèrent la chaleur.
Malheureusement, l'usage du parapluie risque d'être de rigeur.
Les précipitations devraient être supérieures à la normale dans la majeure
partie du Nunavut et la portion sud des Territoires du Nord-Ouest. Une
variante sous la normale devrait avoir lieu dans le district du Keewatin,
au Nunavut. Ailleurs, les précipitations seront près de la normale.
Au Canada, les températures seront généralement plus élevées. Les vents du
sud seront vraisemblablement responsables de la hausse, selon le
météorologue Dale Marcisky. Il a indiqué que la plupart du temps, les vents
nordiques soufflent vers le Sud, mais que cette année, les conditions
seront inversées.
« Les vents en altitude peuvent bouger de l'ouest et du sud-ouest à partir
du Pacifique, a indiqué M. Marcisky. Ils empêcheront l'air froid de se
déplacer vers le sud. »
Ces vents pourraient également avoir un impact sur la précipitation. « Les
vents du nord-ouest sont secs et ne contiennent pas beaucoup d'humidité,
alors que les vents du sud-ouest sont plus humides. » Les régions
montagneuses des T.N.-O. et la région du Grand lac des Esclaves ne
devraient pas être à l'abri des pluies d'automne.
« La précipitation varie énormément par régions. On ne peut pas dire avec
exactitude combien de pluie tombera dans chacune des localités. C'est très
difficile à prévoir », a mis en garde M. Marcisky.
Au moins 100 mm de pluie sont prévus près de Fort Liard, 75 mm dans le
centre des T.N.-O, et 50 mm dans les régions nordiques comme Inuvik
et Tuktoyaktuk. Par ailleurs, les températures varieront entre 0°C et -1°C
au 60e parallèle, 2°C à Yellowknife et entre -6°C et -8°C dans le
nord des Territoires.
Si les températures demeurent élevées au cours des mois de septembre,
d'octobre et de novembre, la construction des routes de glace pourrait être
retardée, comme ce fut le cas l'année dernière. Le calcul est toutefois
difficile à résoudre, étant donné la nature des prévisions à long terme,
mais l'inquiétude demeure. « La glace s'est formée plus tard l'année
dernière à cause des températures plus élevées », a précisé le météorologue.
« Je voudrais souligner que nous avons commencé à faire des prévisions
saisonnières tout récemment. On ne doit pas leur accorder trop de
confiance. Chaque année, nous améliorons notre bilan, mais parfois on se
trompe. Nous oublions occasionnellement de prendre en considération
certains facteurs », a ajouté M. Dale Marcisky.
Il est également difficile de déterminer si le réchauffement global joue un
rôle clé au niveau de la hausse des températures, selon ce dernier. Bien
que la tendance démontre une augmentation des températures à l'échelle
planétaire, certains spécialistes continuent d'argumenter que cela fait
partie d'un cycle naturel.