Hôpital territorial de Stanton : Menace à l’horizon

16 mai 2003
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Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Michael Miltenberger, a, entre les mains, douze lettres de démission, déposée au cours des dernières semaines par les médecins spécialistes de l’hôpital territorial de Stanton. Si une entente sur les conditions de travail n’est pas conclue entre l’équipe de spécialistes et le GTNO d’ici le 1er juillet, l’équipe de quinze médecins spécialistes serait radicalement réduite à trois membres. Pour parer à toute éventualité, le ministère de la Santé et des Services sociaux a mis sur pied un plan d’urgence, en attendant la prochaine séance de négociations qui aura lieu du 28 au 30 mai.

Les médecins spécialistes sont en négociation avec le gouvernement depuis 16 mois. La dernière offre patronale, une augmentation salariale de 17 %, a été rejetée en bloc par les médecins l’automne dernier. Si la menace est mise à exécution, tous les services, de l’obstétrique aux soins chirurgicaux, seraient interrompus. « Des impacts sont à prévoir si les spécialistes quittent leurs fonctions, a mentionné le ministre Miltenberger. Nous aurons à faire face à des urgences, plus particulièrement au niveau de la chirurgie et des services spécialisés. Les soins moins urgents vont se retrouver en bas de la liste. »

Cette situation fait craindre le pire à certains, comme le président du Syndicat des travailleurs et des travailleuses du Nord, Todd Parsons, qui n’hésite pas à dire que l’hôpital pourrait fermer ses portes. « Si nous perdons nos spécialistes, aussi bien fermer l’hôpital. Les employés ne pourront que maintenir la situation et envoyer les patients vers le Sud. Si cette fermeture survient, et je pense que c’est probable, le gouvernement aura à réaliser qu’il va perdre sa crédibilité », estime-t-il.

Le ministre Miltenberger, qui a bon espoir de parvenir à une entente, estime que l’institution territoriale est assez forte pour passer à travers la tempête, s’il y a lieu. « L’hôpital restera ouvert. Les médecins généralistes, qui constituent la majorité des médecins en poste, vont continuer à offrir leurs services. Ils ont travaillé à la mise sur pied du plan d’urgence au cours des dernières semaines. »

Ce plan, qui n’a pas été dévoilé, prévoit la combinaison de l’expertise des médecins généralistes et des médecins spécialistes qui resteront en poste. Pour les soins qui ne pourront pas être prodigués au nord du 60e, le ministère compte faire augmenter les déplacements vers le Sud. « S’il y a interruption de certains services, nous utiliserons l’argent qui est habituellement versé en salaires aux spécialistes démissionnaires pour compenser les coûts de transport vers le Sud », envisage le ministre Miltenberger.

Le président Todd Parsons estime que cette solution est loin d’être la meilleure. « Si le gouvernement croit que ce sera moins cher d’envoyer les patients à Edmonton que d’offrir un salaire compétitif aux médecins, il fera face à une surprise onéreuse et de taille. »

La présidente de la section locale 11 du Syndicat des travailleurs et des travailleuses du Nord, Suzette Montreuil, craint que les infirmiers et autres employés de soutien ne paient le prix de cette démission en bloc. « Ça aurait des conséquences sérieuses. Les spécialistes sont des personnes ressources pour tout le personnel et les médecins, a-t-elle mentionné. Je ne pense pas que ce soit réaliste de s’attendre à ce que les médecins généralistes fassent plus de travail et à ce qu’on en demande plus aux infirmières ou aux autres employés. »