Affaires arctiques : Même rengaine conservatrice

03 avril 2014
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Le mystère plane sur le nouveau bras économique du Conseil de l'Arctique.

La mise en place d'un Conseil Économique de l'Arctique a franchi une étape de plus à Yellowknife fin mars, mais on ignore encore tout de sa composition, de son rôle et de son agenda.

La dernière rencontre des hauts fonctionnaires du Conseil de l'Arctique a eu lieu à Yellowknife la semaine du 24 mars dernier, seconde rencontre sous l'égide de la présidence canadienne. Les rencontres ont toutes eu lieu à huis clos, hormis une assemblée à Dettah.

La création du Conseil économique de l'Arctique (CÉA) se veut l'initiative clé de la présidence canadienne du conseil de l'Arctique, qui se termine en 2015. La ministre de l'Environnement et présidente du Conseil de l'Arctique, Leona Aglukkaq, a annulé l'entrevue qu'elle devrait avoir avec l'Aquilon sur le modus operandi et les pouvoirs de cette nouvelle branche économique. Par voie de communiqué, elle a déclaré que le CÉA jouerait un « rôle important dans la construction d'un futur vibrant et durable pour les gens du Nord ». Plus concrètement, tout ce qu'on connaît du CÉA provient d'un document émis par le Conseil de l'Arctique. On y lit notamment que son objectif est de faciliter les opportunités d'affaires dans l'Arctique, d'y contribuer à un climat d'affaires transparent, stable et prévisible. Il peut faire parvenir des propositions au Conseil de l'Arctique. Chaque état membre et membre permanent peut fournir les noms de trois représentants à l'assemblée fondatrice du CÉA. Ultérieurement, l'adhésion au CÉA ne sera plus limitée à ces nominations et on pourra y accepter les candidatures libres. Le CÉA déterminera son nombre maximum de membres, sa structure et ses activités tout en s'assurant de la forte participation de la communauté d'affaires autochtones.

Réactions

Le député de Western Arctic et vice-président des parlementaires de l'Arctique Dennis Bevington a été un observateur aux rencontres de Yellowknife. « Le Conseil économique de l'Arctique a commencé comme un forum, a-t-il observé. Certains trouvent que son nom actuel prête à confusion. Je suis sceptique sur sa création. Le Conseil de l’Arctique lui-même ne bénéficie pas de grandes ressources alors que les gens d'affaires ont un très grand budget. Le Conseil est en train de créer un organisme qui aura beaucoup d'influence. On ne connaît pas encore exactement son rôle. Ses membres pourront être auto-sélectionnés. Ça me préoccupe. L'économie, ce n'est pas que les gens d'affaires, tout le monde devrait pouvoir y être représenté. »

À Yellowknife, de dire Dennis Bevington, le Conseil arctique a beaucoup traité de problématiques environnementales comme la pollution arctique, la question du transport, et principalement, le carbone noir (diesel, gaz, pétrole). Les parlementaires de l'Arctique, révèle-t-il, ont fait beaucoup de recommandations au Conseil. « Une de celles que nous aurions voulu qui soit suivie est la mise en place d'un agenda commun entre le Canada et les États-Unis, puisque ces derniers vont prendre le relais dans la présidence du Conseil de l'Arctique. Les pays de la Scandinavie ont travaillé en coordination quand ils se sont succédé. Ici, aucun arrangement n'a jamais été fait. » M. Bevington a également émis des réserves sur la thématique canadienne (Le développement pour les gens du Nord) : si tu veux faire quelque chose pour les peuples du Nord, tu dois le faire à l'intérieur de tes propres instances gouvernementales. » Il a toutefois déclaré qu'aucune autre organisation internationale ne donnait autant de place aux organisations des Premières nations).