Une idée qui fait du chemin : Maternelle à temps plein

29 janvier 1999
0 Commentaire(s)
Une idée qui a germé l'automne passé s'apprête à passer le test décisif : les parents de l'école Allain St-Cyr feront part de leur intérêt face à la mise sur pied d'un maternelle à temps plein.

Le concept de maternelle à temps plein plutôt qu'à demi-temps n'est pas nouvelle. L'Alberta et le Québec jouissent déjà d'un tel système. Il s'agit d'ailleurs des expériences qui ont influencé la directrice de l'école Allain St-Cyr, Julie Bouchard, lorsqu'elle a fait part de son idée à une des parents de l'école ayant des enfants d'âge pré-scolaire.

«J'ai eu l'occasion d'apprécier la maternelle à temps plein tant comme parent que comme professeur quand j'étais en Alberta», a indiqué Julie Bouchard. Elle a donc présenté son idée à Martine Boulet-Pelletier. En partant de là, l'idée a fait son petit bout de chemin, intéressant tant les professeurs que le conseil scolaire francophone de Yellowknife, qui ont donné leur accord au développement du projet.

Julie Bouchard aimerait bien instaurer son projet pilote dès le 7 septembre prochain, une semaine après la rentrée scolaire.

Actuellement, les enfants viennent à la maternelle pour une demie journée seulement. Ils retournent ensuite soit à la maison ou s'en vont dans une garderie. Ce va-et-vient quotidien constitue un problème pour bien des parents et ne constitue pas nécessairement la meilleure formule pour le développement des enfants. D'où l'idée d'instaurer des maternelles qui accueillent les enfants pour toute la journée.

La direction de l'école appuie son travail sur les résultats d'un sondage effectué auprès de parents, d'élèves et de professeurs au Québec et en Alberta. Ce sondage soulève certains points importants dans ces programmes de maternelle à temps plein.

D'après ce sondage, les enfants se disent très heureux de ces programmes. Ils aiment tellement ça, qu'ils viendraient à l'école sept jours par semaine. Ils apprécient de passer toute la journée dans un même environnement au lieu de deux.

Les parents aussi se disent très satisfaits de la maternelle à temps plein. Ils trouvent que les enfants sont mieux préparés pour la première année et aussi que leur français est meilleur.

Finalement, les professeurs trouvent que cette formule donne plus de temps pour connaître les enfants et mieux superviser leur apprentissage. Les enfants s'adaptent mieux à un horaire d'école et la transition à la première année se fait plus facilement.

Certains inconvénients sont également signalés dans ce sondage. On parle notamment de trop grande fatigue pour les enfants en début d'année scolaire. L'école Allain St-Cyr a donc décidé de répondre à cette critique en instaurant une rentrée progressive pour la maternelle, commencant par un horaire de quatre demies journées par semaine puis en ajoutant graduellement plus d'heures de maternelle de façon à ce que les enfants fréquentent la maternelle à temps plein au début de novembre seulement.

Cette rentrée progressive s'effectuera en coordination avec la Garderie Plein Soleil, qui est souvent le recipiendaire des jeunes après leurs heures de fréquentation de la maternelle. La coordination sera d'autant plus facile que la garderie occupera un local dans le bâtiment même de l'école dès l'an prochain.

La plupart des autres inconvénients soulevés ne s'appliquent heureusement pas au cas particulier de l'école Allain St-Cyr notamment au niveau des grands groupes d'élèves puisque l'école ne fonctionne qu'avec de petits groupes.

La directrice de l'école espèrent bien que ce projet aura aussi des retombées positives sur le nombre d'inscriptions à son programme de maternelle. Il y a actuellement huit enfants inscrits en maternelle et on en comptera vraisemblablement une douzaine l'an prochain. Avec la maternelle à temps plein, l'école réussira probablement à porter ce nombre à 15, le nombre maximum d'inscriptions que se fixe la direction.

Pour Julie Bouchard, cette expérience ne peut être qu'un succès. «Dès que le programme sera commencé, les gens ne voudront pas aller ailleurs», a souligné MmeBouchard.