En nageant dans le caniveau : Marathon de Yellowknife

01 septembre 2000
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Pas évident de courir durant une vague de chaleur, encore moins lorsqu'il fait froid, qu'une puissante averse vous tombe sur la tête et que vous êtes frappé de grelots. Pourtant, une centaine de férus du jogging ont bravé les pronostiques de M. Météo et ont parcouru les 42 km du marathon de Yellowknife et le demi-marathon de 20 km sous des conditions atroces, comme l'auraient fait les citoyens de Sparte.

« J'étais toute trempée, s'est exclamée Carmen Moore, une participante. Je pouvais sentir mes muscles se contracter à cause du froid. Ce déluge nous a certainement ralentis; c'était impossible d'aller plus vite. » Mme Moore a terminé troisième parmi les femmes qui ont couru les 42 km en 4 h 34 m 23 s. Elle s'est habillée en prévision du mauvais temps, avec des vêtements imperméables, mais elle a oublié d'apporter des gants, ce qui lui a causé des inconvénients lorsqu'elle a tenté de ramasser des fruits ou des verres d'eau. La coureuse concède toutefois avoir ressentie une sensation euphorique après avoir terminé sa longue randonnée.

« Je ne pensais pas aux 42 km, mais bel et bien aux prochains 10 km. À chaque 10 km, je me fixais l'objectif d'atteindre les 10 prochains. Pas une seule fois, je n'ai songé à abandonner la course, » a précisé Mme Moore. Toujours selon elle, les volontaires ont été les vrais héros puisqu'ils ont travaillé sous la pluie.

Suzanne Lebrun ne partage pas cet avis et elle affirme le contraire. Cette volontaire a distribué des breuvages aux athlètes amateurs qui ont pris une bonne douche froide tout le long du trajet. « Moi, j'étais à l'aise puisque je portais un imperméable et des pantalons. Les coureurs étaient habillés en shorts et en chandail à manches courtes », a souligné Mme Lebrun.

Se présenter à la compétition sans rémunération était une question de parole pour cette dernière. Lorsqu'elle a donné son engagement, elle a juré d'aller jusqu'au bout, comme les participants au marathon. Ces derniers n'ont cessé de l'épater.

« Un homme qui travaille pour l'armée a franchi la distance avec un sac à dos qui pesait 35 lbs. Selon moi, cela constitue un exemple parfait de motivation », a ajouté Mme Lebrun.

Shelley Dupuis a été assez « motivée » pour se risquer sous le déluge glacé. Elle a laissé entendre qu'abandonner la course aurait signifié abandonner ses amis. Le parcours se faisait en équipe pour cette jeune athlète. Depuis le mois d'avril, elle s'entraînait trois fois par semaine, en moyenne.

« J'ai même apporté ma bouteille d'eau puisqu'il y a une station pour la remplir à tous les 3 km, a précisé Mme Dupuis. Les coureurs ont toujours besoin d'eau. »

Les risques de déshydratation sont demeurés moindres et les coureurs ont parfois déposé leurs pieds dans des flaques d'eau pouvant atteindre des profondeurs de 15 cm. Rares étaient ceux qui pouvaient expliquer ce qui les encourageait à persévérer. « Un coureur est un coureur. La température importe peu », a indiqué une coordonnatrice.

Quoi qu'il en soit, les organisateurs ont laissé entendre que deux choses auraient pu mettre un terme à l'épreuve : le tonnerre et les éclairs. Après avoir parcouru le marathon, certains coureurs ont profité d'une séance de massage pour se réchauffer. D'autres ont bu des tasses de café à profusion après avoir mis leurs vêtements secs.