Présence de mercure dans certains lacs : Mangez moins de poissons!

30 juin 2010
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De nouveau, la population ténoise est tenue de réduire sa consommation de poisson provenant de certains lacs.

 

Après deux lacs au nord de Yellowknife en 2007, ce sont quatre lacs ténois qui poussent l’administratrice en chef de la santé publique, Dr Kami Kandola, à recommander aux gens de limiter leur consommation de poisson en raison des concentrations élevées de mercure retrouvées dans leur chair. Cet avis de santé publique, émis durant ce mois de juin, s’applique non seulement aux filets de poisson, mais aussi à leurs organes. Plus précisément, ce sont les espèces de poissons qui dominent la chaîne alimentaire lacustre qui font l’objet des plus intenses restrictions. Ainsi, dans deux lacs du Sahtu, soit le lac Ste-Thérèse et le lac Kelly, et dans deux lacs du Dehcho, soit le lac à la Truite et le lac Cli, il est recommandé de réduire sa consommation de touladi, de grand brochet et de doré jaune. Si, en 2007, les résidus de mercure provenaient de la digue de l’aire de confinement des résidus de la mine Discovery, qui céda en 1965 dans les lacs Giauque et Thistlewaite, le directeur du Programme de lutte contre les contaminants dans le Nord au ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada, Russel Shearer, estime que la pollution de ces quatre lacs provient du transport à grande distance de ces contaminants en provenance des pays en plein développement, comme la Chine ou l’Inde.

« Ce n’est pas vraiment une nouvelle fraîche que certains lacs soient contaminés. Le mercure se retrouve dans l’environnement de façon naturelle. […] Depuis cinq à dix ans, nous percevons néanmoins une augmentation croissante du taux de mercure que l’on retrouve dans les poissons, par exemple. […] Quand on retrouve des pics soudains de mercure, on soupçonne des sources autres que naturelles. Dans ce cas, c’est une combinaison [avec le mercure présent naturellement] du mercure de sources provenant d’ailleurs dans le monde, comme le sud-est de l’Asie, et transporté jusque dans le Nord par les systèmes atmosphérique et aquatique », d’attester Russel Shearer, qui explique que ces deux puissances utilisent des centrales électriques au charbon considérées comme la source anthropique de mercure la plus importante.

 

Pas de mercure dans l’hydroélectricité ténoise

Dans le monde, les barrages hydro-électriques sont des sources potentielles de mercure, mais pour le porte-parole de la Société d’énergie des Territoires du Nord-Ouest, Mike Broshaw, les poissons des lacs attenants aux installations ténoises ne sont pas la cible d’une accumulation dangereuse de ce polluant. Pour appuyer ses dires, il rappelle que la compagnie est tenue de faire des analyses de la qualité de l’eau de temps à autre, mais n’opère généralement pas d’études sur les poissons ou son habitat. « Nous n’allons pas effectuer d’étude majeure sur les poissons à part si nous planifions un agrandissement ou un ajout à nos installations et que nous devrions répondre à une demande de permis auprès des agences environnementales. » Une proposition de projet qui touche l’eau ou l’environnement est suivie d’une myriade d’études qui varient de l’habitat du poisson à l’archéologie. « Le ministère des Pêches et de Océans serait celui qui entreprendrait des études sur l’habitat du poisson s’il se questionnait sur son écosystème aux alentours de nos installations. Il nous informerait alors. Nous sommes au courant d’aucune interrogation concernant nos installations, comme le barrage de Bluefish sur la rivière Yellowknife. » Selon Mike Broshaw, les installations hydro-électriques des TNO ne comportent pas de réservoir du fait que ces barrages ne sont pas très hauts. Ce sont des installations de basse chute et n’accumulent ainsi que très peu d’eau, ce qui réduit ses répercussions sur l’environnement.