Santé : Ma santé, je l’ai sur le bout de la langue!

02 juin 2011
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Diane Fortin témoigne de ses expériences avec le système de santé aux Territoires du Nord-Ouest. (Photo : Maxence Jaillet)

Diane Fortin témoigne de ses expériences avec le système de santé aux Territoires du Nord-Ouest. (Photo : Maxence Jaillet)

Les participants de la formation en santé offerte par le Réseau TNO Santé en français ont usé de leurs deux langues pour décortiquer l’essence des programmes de santé en français.

 

Une quinzaine de personnes ont contribué à la formation en santé donnée le 20 mai 2011 par le Réseau TNO Santé en français. Le conférencier invité de cette séance interactive bilingue était Hubert Gauthier, l’ancien directeur général et ancien président de la Société Santé en français. Celui qui a également dirigé l’hôpital de Saint-Boniface à Winnipeg a animé une discussion autour de l’accès aux soins en français dans un milieu francophone minoritaire. Toutefois, cette formation, qui s’est déroulée en anglais le matin et en français l’après-midi, ne s’est pas cantonnée à donner de l’information. Elle a bel est bien forcé les participants à intégrer la réalité des besoins des francophones, les conséquences d’une absence de service et l’omniprésence du facteur financier de plus en plus mis en cause pour promouvoir ou éviter la prestation des services de santé en français au pays.

Contrairement aux États-Unis, où l’administration publique s’est rendu compte qu’elle gaspillait énormément d’argent à ne pas servir la communauté hispanophone en espagnol, le Canada n’a jamais tenté d’améliorer ses services de santé en français pour des raisons financières. Les différents gouvernements ont, d’après M. Gauthier, toujours usé du levier des langues officielles pour proposer ou non une offre de service en santé adéquate aux communautés francophones minoritaires.

Par le biais de faits vécus, de situations observées et même d’expériences familiales personnelles, l’ancien administrateur d’hôpital a démontré, sans en faire son cheval de bataille, que la relation entre l’augmentation des budgets et la prestation de services non adéquats était palpable à travers le Canada. « Je n’ai pas envie de me faire tripoter par du monde que je ne connais pas », aurait dit sa mère, en voulant exprimer le fait qu’elle se serait sentie plus à l’aise d’obtenir son diagnostic par une personne francophone, plutôt que par un professionnel d’une autre culture. Sans jouer sur la préférence, M. Gauthier indique que c’est la réceptivité qui est importante, le transfert de l’information. « Ma mère avait beau dire oui oui à son médecin anglophone, lorsqu’elle rentrait à la maison, elle ne suivait aucune de ses recommandations, car elle ne les intégrait pas, trop distraite à vouloir quitter au plus vite cet échange qui la rendait mal à l’aise », témoigne-t-il. La conséquence est que, comme beaucoup d’autres, sa mère est retournée plus rapidement que prévu à l’hôpital, absorbant encore plus de ressources médicales que si l’information avait été adéquatement échangée.

Durant cette formation, la présence de deux professionnelles de la santé occupées au service en langues autochtones à l’hôpital Stanton de Yellowknife a donné de la résonnance au propos avancé. En effet, l’empathie ressentie par un patient autochtone face à un professionnel autochtone a été décrite comme similaire au contact médical entre un patient et un médecin francophone. Toutefois, la responsable des programmes autochtones a souligné que la notion de culture apportait une autre dimension à la mauvaise communication du fait que plusieurs nations autochtones avaient une toute autre façon d’aborder la médecine et parfois n’intégraient pas du tout la façon de faire occidentale.

Le témoignage de Diane Fortin, une résidente de Yellowknife, a également aidé à comprendre les problèmes qui peuvent résulter d’une piètre communication de l’information, qu’elle soit médicale ou qu’elle permette simplement d’offrir des services disponibles.