Le 15 février dernier prenait place, à Yellowknife, deux séances de consultation publique permettant aux personnes et aux organismes intéressés
de s'exprimer sur l'avenir de cette loi et de s'interroger sur les
modifications futures à apporter à cette législation.
Cette loi environnementale, proclamée par le gouvernement canadien en 1995,
vise à promouvoir l'environnement et le développement économique durable.
Elle contient une clause exigeant qu'un examen complet des dispositions et
de l'application de la Loi soit entrepris par le ministre de
l'environnement cinq ans après l'entrée en vigueur de celle-ci, donc cette
année.
« La Loi a été mise en application afin de fournir une ligne de conduite
aux compagnies et de les sensibiliser à une gestion adéquate de
l'environnement », a commenté le directeur régional de l'Agence canadienne
d'évaluation environnementale (ACEE), Paul F.Scott. « Nous sommes ici afin
de revoir les dispositions de Loi canadienne sur l'évaluation
environnementale et d'entendre vos suggestions dans le but d'en améliorer
la portée. Une des avenues étudiées actuellement serait d'accorder un rôle
accru à l'ACEE en révisant la Loi. L'Agence aurait ainsi la tâche de
désigner l'unique autorité compétente se voyant accorder la responsabilité
d'évaluer chaque projet. Cela signifierait une évaluation par projet, et
l'harmonisation des politiques provinciales et fédérales », a-t-il ajouté.
Le changement proposé répond à un des reproches formulés à l'encontre de la
Loi par un représentant de la compagnie Trans-Canada Pipeline. À
l'exception de quelques commentaires émis par le public, cette présentation
était la seule d'une entreprise privée lors de la première séance. «
Certains projets de la compagnie subissent une évaluation de la part de
plusieurs organismes. Par exemple, un de nos projets a été débattu devant
l'Office national de l'énergie ainsi que devant l'ACEE. Ces dédoublements
occasionnent des délais dans la mise en ¦uvre de nos projets », a souligné
le représentant de Trans-Canada Pipeline.
Le second reproche concerne les délais d'obtention des permis ou autres
autorisations. « Comme plusieurs ministères ont un droit de regard, le
processus d'évaluation de chaque projet demeure incertain. Nous ne
connaissons jamais les exigences des autorités responsables.
Demanderont-ils à la compagnie de leur remettre une étude exhaustive sur
les effets environnementaux du projet, étude qui nécessite six mois de
travail, ou exigeront-ils un examen du projet par voie d'audience devant
des commissaires, un processus qui peut s'étendre sur quelques semaines ou
même plusieurs années ? Ces incertitudes devraient être clarifiées avant
même de présenter le projet. Nous devons savoir qui est en charge du projet
dès le départ », a expliqué le représentant. Ce dernier ajoute que les
décisions des ministères devraient être finales et cautionnées par le
gouvernement et non par une cour de justice.
En soirée, peu de participants se sont présentés. Néanmoins, le
représentant du South Slave Metis Tribal Council (SSMTC), Tim Heron de Fort
Smith, a soulevé quelques points intéressants lors de sa présentation
touchant le parc national Wood Buffalo.
Ce parc se situe en Alberta et aux T.N.-O., territoire non couvert par une
entente de revendication territoriale et qui relève du gouvernement
fédéral.
Par ailleurs, quatre différentes lois de nature environne-mentale sont
mises en cause lorsqu'un projet se réalise dans le parc. Tim Heron se dit
inquiet car les officiels du parc ne consultent pas les habitants de la
région lors de la mise en ¦uvre de certains projets de moindre envergure.
« Quand ils négligent de nous consulter, ils perdent une occasion de puiser
dans notre connaissance traditionnelle (traditional knowledge) du
territoire », a expliqué Tim Heron. Selon le représentant du SSMTC, la
connaissance traditionnelle (CT) devrait constituer un élément important
dans l'évaluation environnementale d'un projet, peu importe l'envergure et
la location de celui-ci. En effet, il a souligné que la CT n'est pas
exclusivement autochtone. Tout individu ayant vu le jour dans un endroit et
y ayant vécu toute sa vie possède des connaissances particulières que des
années d'étude ne parviendraient pas à mettre à jour.
Est-ce que le gouvernement tente d'instaurer une super agence nationale
d'évaluation environnementale ? Tant dans la présentation d'introduction
que dans le document de travail conçu par le ministère de l'Environnement,
on retrouve l'hypothèse d'un « guichet unique » pour tous les processus
d'évaluation environnementale. De plus, l'animatrice de la séance de
consultation a, au moins à deux reprises, tenté de ramener la discussion
vers cette hypothèse bien que les participants ne semblaient pas y attacher
un intérêt particulier.