Alcool et grossesse: mélange nocif : Ligne d'aide sans frais

29 janvier 1999
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La consommation abusive d'alcool au cours d'une grossesse risque d'entraîner des conséquences physiques et psychologiques irrévocables pour le foetus. La solution: la prévention.

Qu'est-ce que le syndrome d'alcoolisme foetal (SAF), ou encore, les effets de l'alcoolisme foetal (EAF)? Ce sont là des troubles engendrés par la consommation abusive d'alcool au cours d'une grossesse. Au Canada, un enfant sur trois naît avec l'un ou l'autre de ces syndromes qui nuisent à son développement physique et intellectuel.

En réponse à ce problème, la mise en service de la nouvelle ligne nationale sans frais d'aide sur la consommation d'alcool et de drogues au cours de la grossesse a officiellement été annoncée, le 22 janvier dernier, à Yellowknife, par le Dr Gideon Koren. Cette ligne d'aide téléphonique permet de rétablir les faits quant aux risques que court un foetus dont la mère aurait consommé de l'alcool, ou toute autre forme de drogue, pendant sa grossesse.

Cette ligne sans frais sera d'autant plus utile aux femmes qui résident dans les régions où il est difficile d'avoir accès aux soins de santé.

«La nouvelle ligne d'aide sur la consommation d'alcool et de drogues constitue un moyen créateur pour desservir le Nord, d'autant plus que l'alcoolisme est un problème bien présent dans les Territoires du Nord-Ouest. J'espère que ce programme développera un intérêt et une sensibilisation chez les femmes enceinte», a déclaré la Secrétaire d'état à l'enfance et à la jeunesse, Ethel Andrew-Blondin, qui était présente lors du lancement.

«Nous ne sommes pas naïfs, explique le Dr Koren, ce n'est pas qu'en donnant des conseils par téléphone que les problèmes se régleront, mais c'est tout de même un pas dans la bonne direction.»

Une équipe de 60 professionnels de la santé travaillent au bon fonctionnement du service téléphonique. Du lundi au vendredi, de 7 h à 18 h, une trentaine de toxicologues et de pharmacologues offrent un service bilingue et confidentiel à toute personne désirant obtenir de l'information. L'autre moitié de l'équipe, composée de chercheurs, s'occupent de renflouer et de maintenir à jour la banque de données permettant de répondre aux questions posées.

En Amérique du Nord, 50 % des grossesses sont inattendues. Les chances qu'un foetus soit affecté par l'alcool, ou toute autre forme de drogue, sont donc élevées.

«L'alcoolisme et la toxicomanie sont des problèmes de «génétique sociale» contre lesquels il n'existe pas de médication spéciale. La solution est plutôt de prévenir les grossesses non-désirées en ayant recours à la contraception qui se veut une solution médicale efficace», indique le Dr Koren.

C'est en 1973 que les docteurs Jones et Smith ont défini comme étant le syndrome d'alcoolisme feotal (SAF) les problèmes physiques et intellectuels engendrés par la consommation d'alcool au cours d'une grossesse. Ils ont donc rédigé une liste de signes et symptômes qui permettent de reconnaître lorsqu'un nouveau né est atteint du SAF. La difformité du visage, un poids trop léger à la naissance, une perte de poids à long terme ou une disproportion entre le poids et la grandeur, font partie de cette liste.

Aussi, ces jeunes enfants souffrent, la plupart du temps, d'une malformation du système nerveux central qui nuit à leur motricité fine ainsi qu'à leur coordination visuo-motrice. Il arrive même que ces jeunes enfants perdent graduellement l'ouïe. Enfin, les chances sont grandes qu'ils éprouvent des difficultés d'apprentissage, de language et de comportement.

Par contre, ce ne sont pas tous les enfants qui souffriront du SAF, dans la majorité des cas, ils seront plutôt affectés par une variante du SAF qu'on appelle les effets de l'alcoolisme foetal (EAF). Bien que les enfants atteints de ce syndrome démontrent de meilleurs habilités cognitives, leur comportement social reste toutefois le même que ceux atteints du SAF.

Résultat: ils souffrent de troubles de comportement à l'école et risquent de sombrer dans la toxicomanie, la délinquance ainsi que la dépendance matériel et monétaire.

Heureusement, des groupes d'aide existent pour facilité l'intégration social des personnes atteintes de l'un ou l'autre de ces syndromes.

Pour de l'aide ou de l'information, composez le 1-877-327-INFO