CASARA : Les yeux du ciel pointés vers Yellowknife

20 août 2009
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(Photo: Batiste Foisy)

(Photo: Batiste Foisy)

Une quinzaine de faux disparus mettent à l’épreuve le talent des aviateursde l’Association canadienne de recherche et de sauvetage civil aérien

Le ciel du North Slave a été sillonné de toute part la fin de semaine dernière, alors que Yellowknife accueillait le grand exercice annuel de l’Association canadienne de recherche et de sauvetage civil aérien (CASARA).

Une centaine de pilotes en provenance des provinces de l’Ouest et des territoires se sont donné rendez-vous dans la capitale des Territoires du Nord-Ouest les 14 et 15 août. Leur objectif : tester l’efficacité de réponse des sauveteurs bénévoles dans le cadre d’exercices sur le terrain simulant de vraies situations de détresse.

Pour le coordonnateur de l’événement, David Taylor, habitué à travailler avec des équipes d’au plus une douzaine de personnes, orchestrer un pareil escadron est une tâche encore plus complexe que de tenter de repérer des airs un canoteur égaré on ne sait trop où dans la taïga. « Normalement, à Yellowknife, une opération typique de recherche et sauvetage n’implique qu’un seul avion; en fin de semaine, il y en a plus d’une vingtaine », explique-t-il, alors que derrière lui une véritable ruche de radios, de mécanos, de pilotes et de passionnés de l’aviation de tout poil bourdonne fébrilement.

La CASARA, comme son nom l’indique, est une association civile. Il s’agit essentiellement d’un regroupement de pilotes qui s’engagent à titre bénévole à prendre part à des opérations de recherche et sauvetage quand des gens sont portés disparus dans leur région. Ce genre d’exercice annuel leur permet de comparer leurs pratiques avec d’autres pilotes d’ailleurs au pays. « L’idée, c’est de permettre à nos membres de travailler en commun avec d’autres gens », commente David Taylor.

« Ce ne sont pas toutes les équipes de CASARA qui emploient les mêmes techniques, poursuit-il. Cet exercice, c’est l’occasion d’apprendre ces nouvelles techniques et ensuite de les ramener à la maison. »

Durant l’exercice de cette année, 15 « cibles humaines » ont été disséminées dans la région du North Slave pour être repérées par les appareils de la CASARA. « Les scénarios comprennent des bateaux portés disparus, des campeurs en détresse ainsi que des avions manquants à l’appel », précise Taylor.

La majorité de ces cibles ont été débusquées par les aviateurs et certaines l’ont été par plusieurs appareils différents. « Tout le monde a eu l’occasion d’apprendre quelque chose de neuf », indique Taylor dans son bilan de l’événement.

En général les Forces aériennes prêtent main-forte à la CASARA dans ce genre d’exercice. Mais cette année, l’Escadron 440 de Yellowknife n’était pas du grand jeu. « Ils ont leur propre exercice, en même temps », explique Taylor, faisant référence aux exercices Nanook et Nunakput de maintien de la souveraineté dans l’Arctique qui se déroulent tout au long du mois d’août.

Nouvelles technologies

Un des intérêts de ce type d’exercice est la possibilité de tester de nouvelles technologies. Pour le vétéran Clarence Demchuk, qui a fait le voyage depuis le Manitoba, il s’agit là d’une composante essentielle de la manœuvre.

« Certaines des technologies que nous employons sont pas mal récentes, dit-il. Pour les pilotes, la courbe d’apprentissage peut être assez abrupte. C’est l’occasion d’aider nos membres à passer du papier au numérique. »

La fin de semaine dernière, ce pilote chevronné est resté les deux pieds bien au sol. Dans le cadre de l’exercice, il jouait le rôle de « navigateur ». C’est lui qui préparait les cartes GPS utilisées par les pilotes pour suivre un itinéraire de vol précis lors des opérations de recherche.

« C’est une fonction spécialement cruciale dans un contexte où un nombre disproportionné d’appareils est présent dans le couloir aérien en même temps, dit-il. Il faut à tout pris éviter les collisions. »

Pour se guider, les pilotes ont avec eux un appareil GPS sur lequel les coordonnées de vols inscrites par Clarence Demchuk forment l’itinéraire assigné à chaque appareil. Le bidule n’est pas plus gros qu’un iPod et l’écran sur lequel apparaît une carte détaillée de la région de Yellowknife a la taille d’une carte bancaire.

« Ce n’est pas énorme, convient le moustachu navigateur, mais on s’habitue. En général le pilote le pose sur sa cuisse. Comme ça on peut le consulter en même temps qu’on regarde ce qu’il se passe en bas. »