Politique : Les territoires veulent réduire le coût de la vie

28 juin 2012
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Les trois premiers ministres de chacun des territoires du Nord se rencontraient à Iqaluit au Nunavut pour discuter des enjeux nordiques.

Le contexte économique et social du Nord était en priorité à l’ordre du jour lors de la 10e conférence annuelle des premiers ministres des trois territoires, les Territoires du Nord-Ouest, le Yukon et le Nunavut.
Les trois premiers ministres se sont dits plutôt préoccupés par la réduction du coût de la vie dans le Nord, qui est souvent bien plus élevé que dans les provinces du Sud canadien.
Le sujet a d’abord été abordé par la première ministre du Nunavut, Eva Aariak, où le problème a pris beaucoup d’ampleur récemment.
« Je me suis prononcée souvent sur la problématique. Nous, les premiers ministres, reconnaissons ce qu’a pu nous offrir Nutrition Nord. Toutefois, nous nous devons de continuer à agir sur les coûts élevés de la vie, croit Eva Aariak. Le gouvernement fédéral devrait s’engager à construire de nouvelles infrastructures. »
Aux Territoires du Nord-Ouest, les coûts de logement sont parmi les plus élevés au Canada, mais en plus, la grande superficie du territoire n’aide pas à diminuer le coût de la vie et cela ne laisse pas le premier ministre indifférent.
« Les Territoires du Nord-Ouest ne sont pas bien différents des deux autres territoires, affirme le premier ministre ténois Bob McLeod, mais nous avons plus de routes qu’au Nunavut et au Yukon. Évidemment, lorsque nous cherchons à réduire les coûts de la vie aux Territoires du Nord-Ouest, nous jetons un œil à nos programmes gouvernementaux. Et je crois que la dernière fois que nous avons regardé, nous avions fait des dépenses d’environ 170 millions de dollars. »
La réalité du Nord fait en sorte que l’acheminement de nourriture ou de matières premières est beaucoup plus coûteux que dans le sud du pays, puisque souvent, tout doit être transporté par avion.
Les premiers ministres désirent se pencher davantage sur la question, mais aimeraient aussi l’appui du gouvernement fédéral pour tout au moins minimiser la situation.

Dévolution
La dévolution aura aussi fait partie des discussions entre les trois premiers ministres du Nord.
Bien que la situation soit fort différente d’un territoire à l’autre, l’opinion à l’égard de la dévolution est plutôt similaire.
« Dans une perspective territoriale, la dévolution doit être un tout pour nous donner l’autorité de gérer nos ressources, notre eau et notre terre, affirme le premier ministre du Yukon Darrel Pasloski. Et en conséquence de cette dévolution, cela peut être avantageux, pas seulement économiquement, mais aussi socialement. Lorsque l’on peut transférer le pouvoir décisionnel plus près du peuple, c’est très positif. Pour cela, je donne mon appui complet aux Territoires du Nord-Ouest et au Nunavut pour ce qu’ils ont accompli jusqu’à maintenant. »
En 2003, la Loi du Yukon a pris effet, donnant au gouvernement yukonnais un contrôle sur une variété de programmes de type provinciaux, de responsabilités et de pouvoirs décisionnels.
Ainsi, le Yukon a pu faire un pas devant ses homologues territoriaux en devenant responsable de ses terres, de la gestion de ses ressources et de l’eau.
Aux Territoires du Nord-Ouest, le processus de dévolution va bon train et Bob McLeod est certain qu’il se règlera rapidement.
« Nous sommes déjà rendus loin vers la réalisation de la dévolution, l’automne prochain, mentionne le premier ministre ténois. Nos attentes sont que la dévolution prendra effet le 1er mai 2014, donc nous y sommes presque. »
Pour ce qui est du Nunavut, les négociations en sont au tout début depuis que la première ministre a demandé de rencontrer le gouvernement fédéral au début 2011.
Le 18 mai 2012, Ottawa a convoqué l’ex-chef de l’équipe de l’ancien premier ministre du Yukon, Dennis Fentie, pour agir comme négociateur fédéral avec le Nunavut pour la dévolution.

CanNor
L’agence de développement économique CanNor a pour sa part reçu l’appui des gouvernements territoriaux, surtout celui des Territoires du Nord-Ouest.
« Nous sommes très heureux que CanNor a été établi et qu’il est représenté dans les trois territoires, estime Bob McLeod. Nous avons beaucoup poussé pour avoir une agence de développement économique. »
La première ministre du Nunavut était aussi du même avis, mais souhaiterait que CanNor soit plus en coordination avec les initiatives territoriales, ce qui maximiserait l’impact de l’agence sur les gens du Nord.
« Les trois territoires veulent travailler avec le gouvernement fédéral pour s’assurer qu’il respecte les besoins des gens du Nord », ajoute Eva Aariak.
La prochaine conférence des premiers ministres du Nord, la 11e, aura lieu au Yukon, en 2013.