Qualifications des Autochtones : Les revenus des ressources naturelles doivent revenir aux communautés

20 septembre 2002
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En plus de donner de l’emploi aux Autochtones, l’exploitation des ressources naturelles doit servir aux communautés autochtones, de croire Hassan Yussuff, du Congrès du Travail du Canada.

Le 11 septembre dernier, une panoplie d’experts et d’intervenants en matière de formation continue, d’apprentissage et d’affaires autochtones était réuni à Yellowknife pour y discuter du perfectionnement des qualifications en milieu autochtone. Au sortir de cette table ronde, tenue à huis clos, Hassan Yussuff a plaidé en faveur d’un partenariat entre tous les intervenants et d’une implication du gouvernement fédéral en faveur du développement des communautés.

« Comme c’est le gouvernement fédéral qui a le contrôle des ressources, et que c’est donc lui qui recevra de gros montants d’argent, ce dernier devra remettre l’argent dans le Nord pour s’assurer qu’on pourra régler les problèmes sociaux auxquels les communautés font face », de croire M. Yussuff, qui considère que la prochaine génération d’Autochtones doit être prête pour relever les défis qui attendent le Nord.

Les projections démographiques de Développement des Ressources humaines Canada démontrent effectivement que les Autochtones auront de plus en plus de place dans le marché du travail. Au cours des 25 prochaines années, la main-d’œuvre autochtone canadienne augmentera de 74 pour cent, ce qui signifie 400 000 nouveaux travailleurs.

Hassan Yussuff croit que les territoires du Nord se distinguent des provinces en termes de formation continue et de développement des compétences. « Culturellement, le Nord est différent. La stratégie que Développement des Ressources humaines adoptera devra tenir compte de cette réalité et de la relation que les Autochtones ont avec l’environnement. En plus, le Nord fait face à des défis beaucoup plus immédiats. Au Sud, les solutions aux pénuries de main d’œuvre sont plus accessibles qu’ici », lance-t-il, faisant référence à l’immigration, entre autres.

C’est là que les industries doivent intervenir, selon lui. « Les industries bénéficient du fait d’avoir des adultes éduqués, parce qu’ils obtiennent des travailleurs aptes à voir au bon fonctionnement de l’entreprise. Je pense que les employeurs doivent toujours être engagés dans la formation et le développement des qualifications. Ce sont eux qui en sortiront gagnants ».

M. Yussuf voit pointer d’autres débats de société en ce qui a trait au développement du Nord. Ayant particulièrement travaillé sur des dossiers environnementaux avec le Congrès du Travail du Canada, ce dernier fait un lien direct entre la croissance industrielle et la dégradation de l’environnement. « C’est clair qu’il y aura un impact sur l’environnement. La question est de savoir jusqu’à quel niveau les gens sont prêts à voir cette dégradation se produire », explique-t-il, tout en plaidant en faveur de la création d’un fonds qui permettrait de nettoyer les dommages causés à l’environnement. « Les deux paliers de gouvernement devraient gérer ce fonds, mais aussi la communauté, car c’est elle qui reste. Les politiciens, eux, viennent et repartent constamment », lance-t-il.

Le forum de discussion était présidé par la ministre du Développement des Ressources humaines du Canada. Participant aux discussions, le ministre territorial de l’Éducation, de la Culture et de la Formation, Jake Ootes, a évoqué le souhait que le financement des programmes se fasse de manière plus coordonnée. « Le financement provient de plusieurs sources qui ont chacune des conditions et des objectifs différents », fait-il valoir. À titre d’exemple, ce dernier propose que le comité territorial de formation, actuellement en développement, serait un bon moyen d’en arriver à une approche coordonnée. Ce comité comprend des représentants de l’industrie, ainsi que des gouvernements fédéral, territorial et autochtones.