Les photos parlent

03 octobre 2003
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Au cours des prochaines semaines, une exposition de photographies portant sur les pensionnats autochtones à travers le Canada sera présentée à Yellowknife. Une façon, selon les organisateurs, d’amener les gens à raconter leur expérience et à aider le processus de guérison.

Pour plusieurs Autochtones, les pensionnats ont été une période traumatisante de leur vie. Durant ses recherches visant à rassembler un nombre suffisant de photographies et d’éléments d’information sur le sujet, le conservateur de l’exposition itinérante, Jeff Thomas, a eu l’occasion de le constater. « La chose commune, chez tous ceux avec qui j’en ai discuté, c’est à quel point ces enfants s’ennuyaient de leur famille et de l'appui que la famille pouvait apporter ».

Selon lui, une grande partie de ces enfants ne parlaient pas anglais lorsqu’ils se sont retrouvés dans les pensionnats où l’usage des langues autochtones était interdit. « Ils étaient lancés dans un endroit où la manière d’élever les enfants était complètement différente. Ils venaient d’une société très douce et respectueuse dans la façon d’élever les enfants. Ils se sont retrouvés dans un système où on les brutalisait d’une manière ou d’une autre. Essentiellement, tous les gens avec qui j’ai parlé ne spécifiaient pas une sorte d’abus en particulier, mais ils disaient tous qu’ils s’ennuyaient de l’amour de leur famille », de poursuivre celui qui est lui-même photographe.

C’est d’ailleurs par les photos que Jeff Thomas réussissait à délier les langues sur ce passé que plusieurs préféraient oublier. Alors qu’il se présentait chez quelqu’un qui s’était retrouvé dans un pensionnat, il demandait simplement à voir les photos. « Je ne vois pas les photos comme une fin, mais comme un commencement pour raconter ça. Aussi simplement que de rappeler à quel endroit c’était ou ce que cela représeantait», dit-il.

Intitulée « Que sont les enfants devenus », l’exposition a été présentée, pour la première fois, au Musée de l’anthropologie de l’Université de la Colombie-Britannique à Vancouver, puis à Saskatoon et à Yellowknife. Elle pourrait ensuite prendre le chemin d’Edmonton, de Whitehorse, de Winnipeg, de Montréal et du Nouveau-Brunswick.

Jusqu’au 3 octobre, une partie de l’exposition est présentée dans le Grand hall de l’Assemblée législative. Ensuite, elle sera à l’École Sir John Franklin. En marge de cet événement, la conseillère Martha Vance, de Life Works, est disponible pour rencontrer les gens qui voudraient parler de leurs traumatismes reliés à l’expérience des pensionnats autochtones.