Industrie de la pêche : Les pêcheurs larguent les amarres

20 mai 2010
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Les pêcheurs espèrent qu'avec un nouveau plan d'affaires, plus de bateaux puissent
retourner sur l'eau à chaque année. (Archives de L'Aquilon)

Les pêcheurs espèrent qu'avec un nouveau plan d'affaires, plus de bateaux puissent retourner sur l'eau à chaque année. (Archives de L'Aquilon)

Le gouvernement débutera des consultations pour développer un plan de marketing des poissons ténois.

 

Le 17 février 2010, les membres de la Fédération des pêcheurs des TNO ont voté à onze voix contre sept que les TNO devraient cesser de participer aux activités de l’Office de commercialisation du poisson d’eau douce (OCPED). Le lundi 17 mai, Bob McLeod, ministre de l’Industrie, du Tourisme et de l’Investissement, a annoncé qu’un processus de consultation publique était en place afin de sonder le retrait potentiel des TNO de cette société d’État qu’est l’OCPED.

« Nous reconnaissons l’importance de l’industrie de la pêche commerciale aux TNO, et le rôle qu’elle joue afin de diversifier notre économie et d’offrir des choix et des opportunités à nos régions et à nos collectivités. Les membres de la Fédération des pêcheurs des TNO ont parlé, et le GTNO travaillera avec eux pour acquérir toute information qui nous aidera à prendre une décision éclairée qui sera bénéfique aux pêcheurs, aux collectivités et aux résidents des TNO », a récité le ministre.

Cette consultation se fera jusqu’au 11 juin 2010, auprès des acteurs de l’industrie des pêches, du public et également des différentes autorités autochtones de l’ensemble des TNO.

Ces discussions sont importantes, car si les TNO ne sont plus tenus de vendre le fruit de leur pêche à l’OCPED pour que le poisson soit vendu en dehors des frontières territoriales, c’est tout un nouveau plan de marketing qu’il va falloir développer pour réussir à exporter ces tonnes de poissons pêchés majoritairement dans les profondeurs du Grand lac des Esclaves.

Jane Groenewegen, députée de Hay River Sud, suit ce dossier depuis sa première élection, il y a quinze ans. « Libérez-nous », image-t-elle en entrevue, alors qu’elle insiste que cette initiative peut marquer le début de la reconnaissance d’une ressource de qualité. « Plusieurs aspects de notre pêche font que nous sommes différents, et un plan de marketing peut vraiment souligner le fait que nos poissons sont récoltés dans une eau froide et propre, ce qui accroît forcement leur qualité. De plus, notre pêche commerciale est durable et ne menace pas l’écosystème. » Le fait que le quota de 1,45 million de kilos de poissons fixé par le ministère des Pêches et des Océans du Canada ne soit jamais atteint dans le Grand lac des Esclaves est un bon atout pour jouer la carte de la durabilité.

Lorsque les consultations seront closes, et s’il en ressort que le gouvernement doit aider les pêcheurs à développer un plan d’affaires, ce seront des programmes provenant du ministère de l’Industrie qui seront disponibles. Avant que le gouvernement ténois ne puisse intervenir, il faudra nécessairement modifier la Loi sur la commercialisation du poisson d'eau douce, mise en œuvre en 1969, lorsque les TNO ont accepté de faire partie de l’OCPED avec les provinces de l’Alberta, du Manitoba, de la Saskatchewan et de la région du Nord de l’Ontario.