Urbanord : Les murs à Diane

12 septembre 2013
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Ce pygargue à tête blanche a besoin de l’aide de Diane Boudreau et de Stephen Fancott pour voler jusqu’au mur qui sera désormais son nichoir.
Photo : Denis Lord

Ce pygargue à tête blanche a besoin de l’aide de Diane Boudreau et de Stephen Fancott pour voler jusqu’au mur qui sera désormais son nichoir. Photo : Denis Lord

Diane Boudreau signe une nouvelle murale, cette fois consacrée aux oiseaux

Murales, sculptures et autres effleurements des ailes de la beauté : l’art public nous dénoue de la grisaille obligée des villes, les rend plus belles et plus respirables, plus humaines. Diane Boudreau y apporte son souffle depuis près de dix ans.
Quand elle s’est installée à Yellowknife en 2004, Diane Boudreau a trouvé sa niche : l’art public. « Ça correspond à ma nature, explique-t-elle, à mon plaisir d’être dehors. » Elle aurait peut-être pu ajouter que ce n’est pas sans lien avec ses études liées à l’architecture. Mais Diane ne professe un goût immodéré ni pour l’étalage de pedigree, ni pour les grands mots. Parlant d’art public, de ses éventuelles fonctions ou nécessités, elle se contentera de dire que ses œuvres font partie du mobilier urbain, au même titre qu’un banc, qu’un parc.
Pour l’accueil de ses œuvres, Diane Boudreau manifeste un attachement particulier aux murs du coin de la 50e Rue et de 50e Avenue. Dimanche dernier, elle y installait une sixième murale en dix ans, avec l’aide de Gilles Amyot et de Stephen Fancott, ses complices de longue date, et sous la caméra attentive d’un autre acolyte, Georges Lessard. « Je suis territoriale, verticalement, rigole Diane… ajoutant du même souffle qu’elle a établi une relation de confiance avec le gérant de l’hôtel Yellowknife Inn, propriétaire des murs. »

Les murs sont fruits
Artiste, la Diane, mais aussi biologiste. Au coin des 50e, il y avait déjà une série de panneaux illustrant des plantes à petits fruits indigènes, avec leurs noms dans différentes langues européennes et autochtones. Et l’écosystème se construit. À leur côté dorénavant, neuf différents types oiseaux, plus quelques oiselets dans un nid. Des oiseaux? « Je n’y connaissais rien, avoue Diane. Les peindre, ça a été ma façon d’apprendre à les connaître. » Et comment les a-t-elle sélectionnés, ces huards, pygargues et autres grues? « Ça devait être des oiseaux locaux, explique-t-elle, mais qui font aussi partie de la culture québécoise. Puis, ensuite, j’ai demandé à des gens quels oiseaux ils aimaient. À des ornithologues, mais aussi à des amis et à des passants, parce que je ne voulais pas que des spécialistes. »

Comme pour sa série sur les arbustes à petits fruits, Diane fera des recherches afin de trouver les noms de ses oiseaux dans différentes langues autochtones, puis les inscrira sur les peintures appropriées.
Pour la création de sa murale – intégralement conçue avec des matériaux récupérés – Diane Boudreau a eu l’appui de la ville de Yellowknife et de la Aurora Arts Society, tout comme Monique Robert, dont une nouvelle murale orne désormais la façade de la Légion sur l'avenue Franklin.