Symposium sur les langues : Les langues, une histoire du peuple

08 avril 2010
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Ces délègués réagissent à une blague lancé par le maitre de cérémonie du symposium : Lors d'une fête communautaire, un homme demande comment on dit bonjour en Slavey. Un autochtone lui répond et l'homme va par la suite dire bonjour à quelques femme. C'est après quelque regard suspicieux qu'il s'est rendu compte qu'il fallait avoir un bon traducteur pour ne pas confondre « belle journée » avec « belle poitrine ». (Photo: Maxence Jaillet)

Ces délègués réagissent à une blague lancé par le maitre de cérémonie du symposium : Lors d'une fête communautaire, un homme demande comment on dit bonjour en Slavey. Un autochtone lui répond et l'homme va par la suite dire bonjour à quelques femme. C'est après quelque regard suspicieux qu'il s'est rendu compte qu'il fallait avoir un bon traducteur pour ne pas confondre « belle journée » avec « belle poitrine ». (Photo: Maxence Jaillet)

Le récent symposium sur les langues officielles autochtones souligne la force de l’implication individuelle pour revitaliser les langues.

« Plus nous parlons notre langue, plus nous lui donnons de pouvoir. » C’est avec cette phrase que la commissaire aux langues officielles des TNO, Sarah Jerome, a réussi à résumer l’élan social qui s’est dégagé du symposium sur les langues autochtones, tenu à Yellowknife du 30 mars au 1er avril derniers. Prenant position pour sa langue maternelle, la commissaire a assuré que sur la porte de sa maison à Inuvik, elle afficherait une pancarte « Le gwich’in est la seule langue parlée derrière cette porte » pour avertir les gens et transmettre son héritage langagier à son petit-fils de 8 mois. Elle a également réaffirmé l’importance de former des traducteurs, des interprètes et des enseignants afin de propager et d’utiliser les différentes langues autochtones des TNO. Ces réflexions ne constituent pas l’essentiel de la stratégie sur les langues officielles autochtones qui sera élaboré à la suite de ce symposium, mais peut refléter l’énergie et la prise de pouvoir dont les communautés s’inspireront afin de vivre leurs langues et leurs cultures.

Le contenu de cette stratégie est actuellement au stade d’être compilé par le ministère de l’Éducation, de la Culture et de la Formation, et ce n’est que dans quelques semaines qu’il sera rendu public. Lors de ce symposium, de nombreux représentants des neuf langues autochtones officielles des TNO ont échangé leurs idées afin de revitaliser ces langues que plusieurs ont peur de voir disparaître. Le ministre de l’Éducation, de la Culture et de la Formation, Jackson Lafferty, qui coprésidait ce symposium avec le député du Nahendeh, Kevin Menicoche, a déclaré en conférence de presse que le plus important était la volonté du peuple afin que ce dernier puisse se réapproprier ses langues.

Il a mentionné que c’est avec une voix unie représentant les communautés des TNO que le message se rendra le plus loin. « Même si j’appuie toutes les bonnes idées formulées durant ce symposium, il faut tout de même qu’elles reçoivent l’approbation de mes collègues à l’Assemblée législative qui travaillent au bénéfice de tous aux TNO », a-t-il confié.

Le ministre Lafferty a bien mentionné en conférence que les idées de cette stratégie ne pourraient pas toutes être mises en place d’ici un an, mais qu’il s’agirait d’un plan d’action sur le long terme.

Durant la conférence, certains individus se disaient très imprégnés par la sensibilité de cette question de revitalisation des langues autochtones. Un délégué a refusé de livrer ses commentaires à chaud, statuant que la situation des langues ne peut se résumer en quelques lignes et qu’il attendrait de voir comment les choses allaient se mettre en place au sein du gouvernement.