« NÉ POUR VOTER » : Les jeunes franco-canadiens sont en campagne

10 septembre 2015
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Le président Alec Boudreau, du Nouveau-Brunswick (Photo : FJCF)

Le président Alec Boudreau, du Nouveau-Brunswick (Photo : FJCF)

Le 19 septembre en après-midi, à 30 jours du scrutin fédéral, un groupe de 40 jeunes francophones sortiront dans la rue, près de la Colline Parlementaire, pour échanger avec les électeurs.
On les reconnaitra facilement avec leur t-shirt arborant le slogan NÉ POUR VOTER! « J’ai hâte de voir la réaction des gens, déclare le président de la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF), Alec Boudreau. On va sortir et engager les gens dans les rues d’Ottawa, pour quelques heures. »
Cette activité dans le cadre de la 41e assemblée annuelle de l’organisme résulte de consultations tenues auprès des membres de neuf provinces et deux territoires au cours de 2015 en vue d’une première participation active aux élections fédérales. Cinq enjeux prioritaires ont été articulés dans une plateforme « PAR et POUR les jeunes », valorisant le rôle qu’ils veulent jouer en démocratie.
« La plateforme est osée, explique le vice-président Justin Johnson. On la propose aux jeunes de tout le pays, mais aussi aux partis politiques et aux chefs afin qu’ils tiennent compte de nos préoccupations pendant la campagne et après. C’est un outil de dialogue avec les gens qui s’engagent dans la vie publique. »
Les cinq revendications : le vote à 16 ans; l’éducation postsecondaire en français; la gestion responsable de l’environnement; l’avenir de la Loi sur les langues officielles; l’employabilité des jeunes
Certains enjeux ressortent plus que d’autres, signale Justin Johnson. « D’après ce que j’entends, les priorités sont l’environnement et l’employabilité. » La FJCF a déjà reçu une réponse de la part du nouveau Parti démocratique.
« Ils se sont dits préoccupés par la dette économique, écologique et sociale du pays, souligne le vice-président. On discute et ils semblent vouloir travailler avec nous. »
La stratégie vise la participation des jeunes au vote, confie-t-il, dont le taux se situait en 2011 à 38,8 % chez les 18 à 24 ans. « Ils sont moins susceptibles de voter que les électeurs des autres groupes d’âge. On espère intéresser les jeunes à parler de ce qui leur tient à cœur. Nos enjeux sont aussi importants que ceux des autres. »
NÉ POUR VOTER est donc le mot clic (hashtag) pour mobiliser les jeunes par le biais des réseaux sociaux. Il a été créé, selon Justin Johnson, « dans un restaurant en Belgique » par les délégués de la FJCF participant au Forum mondial de la langue française, tenu en juillet à Liège et réunissant 2000 délégués de 93 pays.
Le groupe avait été invité à y présenter sa stratégie politique. Au dire d’Alec Boudreau, la participation au forum a été un évènement marquant. « C’est quelque chose qui donne beaucoup d’espoir pour la francophonie. On a présenté notre atelier devant des jeunes de partout. »
L’invitation en Belgique avait fait suite à une participation au Sommet de Dakar en novembre 2014, qui avait permis d’assister à l’élection de la Canadienne Michaëlle Jean à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie.
C’était une première participation de la fédération, intégrée à la délégation canadienne. « Ça nous a permis de créer des liens avec l’organisme, rappelle le président, et aussi avec le ministère des Affaires étrangères ».
Après l’assemblée du 18 au 20 septembre, la prochaine activité d’envergure sera le Parlement jeunesse pancanadien en janvier, qui se tient aux deux ans depuis 2001 et se déroulera dans les locaux du Sénat canadien.
« L’évènement sera très intéressant parce que les élections fédérales seront passées et il va y avoir un nouveau gouvernement. On va s’intéresser à ce qui se passe au Parlement et montrer que les jeunes peuvent comprendre la politique et jouer un rôle. »