Radios communautaires de l’Ouest et des Territoires : Les communautés vivent, les radios survivent

Quelques-uns des membres des acteurs des radios communautaires au Canada. (De gauche à droite; Yaya Doumbia (ARCOT), Ousmane Mahamane (CFRG), Carole Saint-Cyr (Edmonton), Serge Parent (ARCANB), Michel Vézina (ARCOT).

Quelques-uns des membres des acteurs des radios communautaires au Canada. (De gauche à droite; Yaya Doumbia (ARCOT), Ousmane Mahamane (CFRG), Carole Saint-Cyr (Edmonton), Serge Parent (ARCANB), Michel Vézina (ARCOT).

Les membres de l’Alliance des radios communautaires de l’Ouest et des Territoires se sont réunis à Edmonton du 12 au 17 octobre 2016.
 

Les représentants des radios francophones de Winnipeg (CKXL), Gravelbourg (CFRG), Rivière-la-paix (CKRP), Plamondon (CHPL), Victoria (CILS), Yellowknife (CIVR) et enfin, Edmonton, ont partagé leurs expériences et réfléchi à des solutions pour garantir un avenir plus stable. Michel Vézina et Yaya Doumbia, respectivement président et directeur général de l’Alliance des radios communautaires de l’Ouest et des Territoires (ARCOT), ont également profité de l’occasion pour présenter la petite nouvelle de la bande, qui vient de postuler au Conseil de radiodiffusion et de télécommunication canadien (CRTC) pour entrer en ondes à Edmonton au courant de l’année 2017.


En plus de proposer une conférence de Serge Parent, consultant chevronné en radio, qui agit au sein de l’ARCANB, l’homologue de l’ARCOT dans les provinces de l’Est, cette réunion a permis la présentation du projet La chanson se lève à l’Ouest, lancé par Ronald Tremblay, un ancien de Radio-Canada, et la directrice artistique Josée Thibeault. Ce projet d’anthologie de la chanson francophone des cinquante dernières années de l’Ouest du Canada permettra la production de plusieurs émissions de radio, qui seront diffusées au pays. Un livre encyclopédique sera aussi présenté à l’occasion du Chant’Ouest 2017. L’événement annuel se déroulera pour la première fois à Yellowknife, en septembre 2017; il rassemble habituellement plus de 200 artistes, diffuseurs et professionnels de l’industrie musicale de partout au Canada, pour une semaine d’ateliers, d’activités de réseautage et de prestations d’artistes professionnels.

Défis et solutions
Le premier constat se dessine : les défis à relever sont nombreux et se ressemblent d’une station à l’autre, même si chacune possède ses particularités, autant démographiques que géographiques. La plupart des radios ne fonctionnent qu’avec un employé qui doit tout faire : programmation, administration, production commerciale, recherches, entrevues, réalisation d’émission. Bien sûr, il doit aussi assurer la coordination et la formation des bénévoles, ressource indispensable de ces radios.


L’employé est aussi chargé d’assurer l’éternelle quête de financement, espérant généralement maintenir l’existence même de son poste, faute de pouvoir obtenir suffisamment de fonds pour recevoir l’aide d’un autre employé. Il doit aussi faire preuve d’une grande polyvalence, de flexibilité et de passion. Cela explique peut-être le fort taux de roulement qui existe au sein des stations communautaires et la qualité aléatoire de la diffusion et des services offerts.
Les radios dépendent donc grandement du dévouement de cet employé et de l’implication inestimable de leurs bénévoles. Parfois discrets, pourtant si importants, ils font partie, la plupart du temps, de la génération des baby-boomers, qui était déjà là au moment de la mise en ondes des radios. Cela pose un autre problème : qui va prendre la relève? Un des enjeux majeurs est donc d’engager la jeunesse au sein de la radio et de lui donner du temps de parole, des outils et de la formation pour que les générations à venir puissent y voir un chemin de carrière et un moyen de s’exprimer, afin de ne pas laisser mourir ce média.


« Tant que la communauté vivra, la radio communautaire vivra. Ce serait comme laisser mourir son bébé, » tempère Yaya Doumbia, en ajoutant qu’elle est une véritable vitrine pour les artistes locaux, à l’instar des radios commerciales, qui jouent beaucoup de publicités et un nombre trop de faible de morceaux de musique et se contentant trop souvent de jouer le top 20 en boucle. Il précise qu’il existe des solutions à mettre en place, telle la fusion entre différents organismes, comme c’est par exemple le cas de L’Aquilon et Radio Taïga, aux Territoires du Nord-Ouest. Le directeur général de l’ARCOT entend même aller plus loin et renforcer son réseau interprovincial. L’organisme à but non lucratif a comme mandat d’encourager le développement des radios communautaires francophones par le soutien structurel, technique et médiatique, de cibler les défis de chacune de ses radios membres et de leur apporter des solutions concrètes pour y faire face.

Pourquoi les radios communautaires?
La radio est un outil qui sert au développement communautaire, c’est un moteur de la vitalité qui permet aux francophones de communiquer entre eux, de s’écouter et d’être le porte-voix de sa communauté. Le réseau de l’ARCOT amplifie même ce rôle d’une région à l’autre, car les différents accents peuvent voyager et se partager partout au Canada à travers l’échange d’émissions. Les radios assurent également un rôle documentaire, en produisant du contenu intemporel, informatif et historique, qui restera accessible aux générations futures. Une radio, grâce à l’évolution des technologies, ne se cantonne plus aux simples ondes et doit donc aborder le virage numérique.
Alors qu’aucune des radios communautaires du réseau n’a de vocation commerciale, il serait toutefois hypocrite de dire qu’elles ne tentent pas de générer des revenus possibles grâce à la vente d’espaces publicitaires. Si elles cherchent effectivement à diversifier leurs sources de revenus, les radios de l’ARCOT restent avant tout des médias qui se veulent proches des gens qui les entourent, et qui rendent service à leur communauté et à la francophonie de l’Ouest et des territoires.

L’auteur est le directeur de la programmation du CIVR 103,5 FM.


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