Après les contestations : Les commissaires du Nord en mode de négociation

18 février 2016
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Le directeur général de la Commission scolaire francophone du Yukon, Marc Champagne (à droite), lors de consultations à l’école Émilie-Tremblay, de Whitehorse. (Photo : CSFY)

Le directeur général de la Commission scolaire francophone du Yukon, Marc Champagne (à droite), lors de consultations à l’école Émilie-Tremblay, de Whitehorse. (Photo : CSFY)

Les récents revers juridiques en matière d’éducation devant la Cour suprême ont des répercussions. Au Yukon, au Nunavut et aux TNO, les commissions scolaires francophones se retrouvent dans l’arène politique. Mais les communautés ont encore un filet de secours.
« À l’été 2015, explique le directeur général de la CSF du Yukon, Marc Champagne, un juge a été nommé pour présider un nouveau procès (recommandé par la Cour suprême). Les deux parties, on a demandé de mettre le procès en attente pour se donner le temps de trouver des solutions. Il y a beaucoup de progrès, les relations sont bonnes.
« Le gouvernement veut respecter ses obligations, dit-il. On a vu une évolution à la suite de la décision sur l’école Rose-des-Vents ». Les parents de Vancouver ont remporté en avril dernier une victoire déterminante en Cour suprême, établissant une jurisprudence sur l’équivalence des infrastructures.
On a donc remis sur la table le projet lancé en 2007 de construire un centre scolaire communautaire à Whitehorse pour répondre au manque d’espace. Un comité tripartite a été fondé, précise Marc Champagne, comprenant la CSFY, ainsi que les ministères de l’Éducation et de Voirie et Transport.
Une consultation sur les fonctions éducatives et communautaires du centre a eu lieu début février, en présence des architectes du projet. On planifie en vue de la rentrée de 2018.
À Iqaluit, le projet d’agrandissement de l’école des Trois-Soleils a été relancé dans le contexte d’un rapprochement avec le gouvernement, un an après le dépôt d’une poursuite.
« L’action est encore en vie, note le président de la CSF, Luc Brisebois. Mais on s’en va vers une médiation formelle avec une rencontre au début mars pour voir où on est d’accord, en désaccord et comment aborder les différends. »
Le président a rencontré le ministre récemment sur la politique d’admission de la CSF pour faire suite au précédent établi au Yukon. « Il n’y avait pas de politique territoriale. Alors à la Commission, on avait décidé d’admettre des non-ayants droit. Le département va émettre une politique pour dire que l’admission sera la responsabilité du ministre.»
« On veut rester dans le processus, assure Luc Brisebois, et jouer en équipe avec le département. On va faire une recommandation au ministre (afin de garder ce pouvoir) pour qu’on obtienne une explication si jamais notre demande n’est pas suivie. »
La rencontre officielle aurait aussi permis de faire le point sur l’agrandissement de l’école.
Début février, la CSF a invité les organismes francophones d’Iqaluit à réfléchir à leurs besoins de locaux pour développer l’aspect communautaire de l’école. Le président explique la vision : « On voudrait accommoder les parents, la culture, l’impro, les sports, la cuisine. »
« On est en ligne avec ce qui se passe au niveau national. On sait que l’école est au centre de la vie communautaire, ça donne un meilleur rendement chez les élèves. Il y a une vie en français au Nunavut. »

Aux TNO
À Yellowknife, la CSF des TNO a tenu une session d’information début février sur son nouveau programme de prématernelle à l’école Allain St-Cyr. Faisant écho à des programmes semblables offerts dans deux écoles anglaises de la ville, les commissaires prévoient une rentrée pour les enfants de quatre ans en septembre prochain.
« La rencontre s’est bien déroulée, signale la directrice générale de la CSF, Yvonne Careen, même si on n’a pas toutes les réponses sur le plan logistique. On a reçu une douzaine d’inscriptions. » La prématernelle sera établie dans la salle de musique actuelle de l’école, tandis qu’un nouveau local pour le programme musical sera aménagé dans une école voisine.
La CSF devra financer elle-même le programme, en attendant que le ministère règle diverses questions quant au régime à l’étude pour l’ensemble du territoire. Elle puisera dans ses réserves et compte sur la participation financière des parents. Un programme semblable est déjà dispensé à l’école française de Hay River.
Même si l’éducation préscolaire n’est pas reconnue comme un droit constitutionnel, « les francophones de Yellowknife ne peuvent plus se permettre d’attendre », souligne Yvonne Careen. L’école française perd des inscriptions au profit d’écoles d’immersion qui offrent déjà la prématernelle.