Réseau TNO Santé en Français : Les TNO ont pris le départ

30 mai 2003
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Le directeur général par intérim de la Société Santé en Français, Armand Boudreau, a donné le ton, le 24 mai dernier, lors de la conférence de fondation du Réseau TNO Santé en Français. La vingtaine de gens invités et membres du public savent maintenant un peu plus vers où le Réseau s’en va. Le nouveau comité de coordination, nommé par consensus, compte donner du tonus au dossier de la santé en français aux Territoires du Nord-Ouest.

Composé de cinq membres, ce comité aura pour tâche de définir quels sont les besoins de la communauté francophone des TNO. Une réunion entre Gérard Lavigne, directeur de la Commission scolaire francophone de division, Nathalie Colas, infirmière à l’hôpital territorial Stanton, Regina Pfeifer, consultante en langues officielles au ministère de la Santé et des Services sociaux et André Légaré, représentant de la communauté, est prévue le 27 juin prochain. Le poste de représentant des institutions de santé, resté vacant, devrait être comblé sous peu.

Le Réseau TNO n’est pas seul dans cette aventure. La Société Santé en Français, qui chapeaute tous les réseaux à travers le pays, a obtenu des sommes d’argent qui, selon Armand Boudreau, pourront dès maintenant permettre la réalisation des premiers projets. « Il ne faut pas seulement parler de planification, il faut qu’on se donne des petits succès à partir desquels on peut construire et se dire entre nous que ça a marché », a-t-il indiqué, rappelant qu’il y a un an seulement, la Société n’avait pas encore reçu de garantie de financement.

Cet argent, une somme de 119 millions de dollars, provient du Fonds d’adaptation des soins de santé primaires et du budget fédéral 2003-2004. Les communautés francophones hors Québec toucheront 20 millions de dollars sur trois ans pour améliorer la situation des services de santé en français. Le budget Manley a prévu une somme de 89 millions de dollars sur cinq ans pour les minorités linguistiques, dont 73 millions pour les francophones en situation minoritaire. De ce montant, 63 millions sont réservés à la formation, à l’accessibilité des soins en français et à la recherche. La balance, soit 10 millions, a été mise de côté pour la formation des réseaux. Ce qui assure, pour le Réseau TNO, un financement minimum de 54 859 dollars par année, jusqu’en 2008, pour le fonctionnement de l’organisme, en plus d’un financement non-récurrent de 407 365 dollars, pour la mise sur pied de projets en 2003-2004. « Ce ne sont pas de gros montants, mais dans une perspective historique, l’an dernier, on n’avait rien, tandis que cette année, nous avons 119 millions, a évoqué Armand Boudreau. Dans les prochains cinq ans, ce sont des centaines de millions auxquels il faudrait aspirer pour être capable de développer les services de santé en français à travers le pays. »

La Société mise sur le partenariat pour maximiser pleinement ces sommes d’argent. « Nous ne voulons pas, dans notre approche, être perçus comme un autre groupe d’intérêt, un autre groupe de pression, a martelé le directeur général. Nous voulons être perçus comme étant un partenaire qui travaille avec les gouvernements, autour de la même table, pour définir comment on peut améliorer les services. » D’où l’importance, pour la Société, de rassembler les gouvernements, les institutions de formation, de santé, les professionnels et les communautés.

Les types d’activités et de partenariats peuvent varier grandement d’une région à l’autre. À l’Île du Prince-Édouard, par exemple, des ententes avec la commission scolaire francophone ont permis de mettre sur pied des ateliers dans les écoles sur les maladies transmises sexuellement et la gestion de la colère. Élise Arseneault, membre du conseil d’administration de la Société Santé en Français, a expliqué quelques-uns de ces partenariats aux participants de la conférence de fondation. « Il faut penser global et réaliser des choses simples qui ont un impact direct », a-t-elle mentionné. La Société Santé en Français, de son côté, mise sur le réseautage, la formation et l’offre de services en français sur le terrain, comme une ligne téléphonique info-santé. « Un des rêves que l’on caresse est que, d’ici quelques années, toute personne francophone pourra prendre le téléphone et avoir au moins un premier contact dans sa langue », a révélé Armand Boudreau.

La consultante France Benoît, embauchée par le comité consultatif qui a démarré le Réseau, produira prochainement une banque de données faisant le recensement de tous les intervenants du secteur de la santé en français aux TNO et en Alberta. Le comité de coordination procédera à l’embauche d’un employé au cours des prochaines semaines. La Société poursuivra ses manoeuvres, de son côté, pour obtenir du gouvernement fédéral un engagement financier à long terme.