Industrie pétrolière et gazière : Les TNO ont mauvaise réputation

02 juillet 2009
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Le Fraser Institute classe les TNO au 120e rang sur 143 des endroits dans le monde où il fait bon investir.

 L’industrie pétrolière et gazière n’a pas envie d’investir aux Territoires du Nord-Ouest. Vraiment pas.

Dans son plus récent sondage des investisseurs pétroliers et gaziers, le Fraser Institute de Calgary classe les TNO à l’avant-dernier rang en Amérique du Nord, des endroits intéressants pour investir. Seul le Nunavut se classe moins bien.

Ce coup de sonde annuel, réalisé par le think-tank de droite bien connu pour ses prises de position anti-interventionnistes, compile l’opinion de 567 gros joueurs du secteur pétrolier et gazier issus de 256 organisations différentes, qui sont appelés à classer par ordre du plus intéressants au plus repoussants 143 états ouverts à l’exploitation de leur ressource. Au niveau mondial, les TNO se classent au 120e rang, c’est-à-dire en queue de peloton, nez-à-nez avec le Cambodge et l’Algérie.

« Il y a plusieurs facteurs qui expliquent ce mauvais classement, commente Gerry Angevine, économiste senior au Fraser Institute et principal auteur du rapport. Mais le principal rebutant est certainement le régime réglementaire. »

Les TNO se classent ainsi cinquièmes pires au monde pour ce qui est du coût associé au régime réglementaire, 12e pires pour les réglementation environnementales et 13e pires pour « l’incertitude réglementaire ».

«  Les délais réglementaires qu’on a vus avec le Projet gazier du Mackenzie ont frustré plusieurs investisseurs, poursuit Angevine. Ça paraissait déjà l’an dernier dans le sondage. Mais cette année, cette irritation a pris de l’ampleur. » En 2008, les TNO se classaient au 65e rang mondial des endroits choyés par l’industrie.

Mais le point spécifique qui fait le plus fuir les investisseurs pétroliers et gaziers de notre territoire, c’est la présence de groupes autochtones et le fait qu’on leur reconnaît des droits sur la gestion des terres. Au chapitre des revendications territoriales autochtones, les TNO sont vus comme le troisième endroit le plus rebutant au monde pour investir. Seuls le Niger et la Bolivie d’Evo Morales font moins bonne figure.

« Ça ne donne pas le goût d’investir », convient Gerry Angevine qui a déjà lui-même passé du temps aux TNO, alors qu’il travaillait comme consultant en matière d’énergie auprès du gouvernement territorial.

Ministre pas surpris

Appelé par L’Aquilon à commenter cette piètre performance du territoire, le ministre de l’Industrie, du Tourisme et de l’Investissement, Bob McLeod, ne se dit pas surpris de ces résultats.

« Ce n’est rien de neuf. C’est ce que tout le monde nous dit », affirme le ministre. « Les représentants de l’industrie sont très enjoués par la rapidité avec laquelle ils obtiennent une réponse à leurs demandes d’application dans d’autres juridiction », poursuit-il.

Il rappelle que la réglementation du secteur pétrolier et gazier dans le Nord est une compétence fédérale et ajoute que le gouvernement territorial compte continuer de faire pression auprès d’Ottawa pour accélérer le processus décisionnel.

« J’aimerais aussi mentionner que, au chapitre de la disponibilité de la ressource, le Fraser Institute nous classe très bien. » Pour améliorer notre réputation, il importe de réduire le fardeau réglementaire, conclut le ministre de l’Industrie.