Les Autochtones ne sont pas traités en égaux

15 avril 2005
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Si tous les Canadiens avaient des conditions de vie similaires à celles des Autochtones, le pays dégringolerait de la 7e à la 48e place au palmarès des pays les plus développés.

C’est une des constatations qu’a faites le rapporteur spécial des Nations Unies pour les droits humains des peuples indigènes, Rodolfo Stavenhagen, suite à une enquête menée au Canada l’an dernier. Le rapport de la mission de M. Stavenhagen au Canada a été présenté à Genève, le 11 avril, à l’occasion de la ____ Conférence internationale sur les droits humains.

Dans son rapport, le rapporteur spécial note que des disparités flagrantes entre Autochtones et Allochtones sont observables partout au pays. Les Premières nations, les Inuits et les Métis sont moins éduqués et en moins bonne santé, meurent plus jeunes, gagnent moins d’argent, sont moins bien logés, se suicident et se droguent en plus grand nombre et sont plus nombreux dans les prisons que les autres Canadiens. Le rapport indique aussi que les femmes autochtones sont plus susceptibles du subir des sévices corporels que les autres Canadiennes et que les enfants autochtones sont les plus nombreux à se prostituer.

Le rapporteur spécial est sceptique quant aux bien fondé des « traités modernes » conclus avec le gouvernement fédéral. Selon le rapporteur, plus souvent qu’autrement « il s’agit de textes conçus pour mener à l’extinction ou à l’abandon de droits ancestraux des Autochtones en échange d’indemnités versées une fois pour toutes ». En ce sens, M. Stavenhagen convient que le Canada contrevient à l’article premier du Pacte international relatif aux droits civils et politiques à chaque fois qu’il négocie des ententes avec les Autochtones qui suggèrent la cessions de droits reconnus.

Le rapporteur note également que « les peuples autochtones du Canada essaient toujours de se défaire de l’héritage que leur a laissé le système colonial d’éducation ». L’éducation dans les langues autochtones demeure rare et, à l’exception faite des Micmacs, les Autochtones suivent des programmes d’éducation conçus par et pour les « Blancs ». « Quarante pour cent seulement des enfants autochtones d’âge scolaire suivent l’école à temps plein », est-il également écrit dans le rapport qui suggère aussi que les Canadiens allochtones terminent leur cursus scolaire avec une connaissance presque inexistante de la culture et de la réalité autochtone.

En plus de se dire « profondément inquiet » des conséquences du réchauffement climatique sur les Inuits, de constater que le Canada n’a pas ratifié la Convention de l’Organisation internationale du travail relative aux peuples indigènes et tribaux dans les pays indépendants et de demander « que l’on prenne d’urgence des mesures pour s’attaquer à la question d’importance vitale que représentent les taux élevés de diabète, de tuberculose et de VIH/sida relevés chez les Autoctones », M. Stavenhagen estime que le Canada devrait se pencher « d’urgence » sur la question sur la question des biens matrimoniaux qui sont parfois déniés aux femmes autochtones.

Positif

Tout n’est pas noir dans ce rapport des Nations Unies. En plus de la volée de bois vert, le rapporteur spécial souligne que le Canada affiche généralement une volonté « sincère » d’améliorer le sort des Autochtones.

Il indique aussi que dans les traités les plus récents conclus entre le gouvernement fédéral et les nations autochtones, la tendance à supprimer les droits déjà reconnus n’est pas systématique. Il cite en exemple l’entente avec la nation Nisga’a, en Colombie Britannique, une entente assez similaire à l’Accord Tlicho.

En outre le vérificateur indique que de plus en plus d’Autochtones se lancent en affaires, en particulier chez les femmes. On peut également lire « qu’il ne fait aucun doute qu’il s’est ouvert de vastes débouchés pour certains peuples autochtones du Nord du Canada dans le cadre d’activités économiques récentes (l’exploitation minière, en particulier l’extraction des diamants, du pétrole et du gaz naturel) avec la création d’un réseau d’oléoducs. » Même si le vérificateur admet du même souffle que « les avantages que pourraient retirer les communautés autochtones locales ne sont pas du tout évidents ».