Les légendes urbaines, ça vous dit quelque chose? Vous savez, ce sont ces
histoires, souvent abracadabrantes inventés de toutes pièces qui circulent
et qui deviennent tellement crédibles et tellement racontées à toutes les
sauces, qu'elles font partie du paysage urbain. Les légendes urbaines
portent d'ailleurs bien leur nom. Ce sont des légendes (définition du Petit
Larousse : récit à caractère merveilleux, où les faits sont transformés par
l'imagination populaire ou l'invention poétique) qui naissent en ville. Ces
légendes se propagent à une vitesse faramineuse et s'infiltrent dans bien
des couches de la population, pour ne pas dire toutes (sauf quelques
incrédules).
Ainsi, quand j'étais jeune, il y avait une légende urbaine qui circulait à
qui mieux. Il s'agissait d'une jeune fille qui fréquentait le département
de médecine de l'Université Laval (j'ai également entendu d'autres
versions, mettant en vedette d'autres universités). Donc, cette jeune fille
venait d'entrer en médecine et elle est allée dans un genre de party
d'initiation le soir. Tout s'est bien déroulé. Rien de dégueulasse ne s'est
passé. Bref, elle est entrée dans sa chambre du campus, le soir, fatiguée,
mais heureuse de sa soirée. Elle avait eu certaines craintes de cette
soirée d'initiation, mais il semblait que toutes les histoires qu'elle
avait entendues étaient surfaites. Elle rentre donc, peinarde, pour se
coucher. Elle se glisse donc dans son lit pour y trouver... un bras humain.
D'autres étudiants s'étaient glissés dans sa chambre, pendant le party,
pour y mettre un bras d'un corps disséqué. On a retrouvé la jeune fille le
lendemain, dans la garde-robe, le bras du cadavre dans la bouche, qu'elle
était en train de dévorer à pleines dents. Ses cheveux étaient devenus tout
blancs en raison de la peur. On l'a enfermée et elle n'est jamais ressortie
de l'asile.
Voilà une légende qui a obtenu ses lettres de noblesse au Québec, à une
certaine époque. Tout le monde en avait sa version : un bras, une jambe,
une tête, les cheveux blanchis, les cheveux qui ont tombé, etc. Bien sûr,
cette histoire ne s'est jamais passée. Mais je vous jure, la légende
urbaine était tellement bien ancrée, que certaines femmes hésitaient
d'aller en médecine en raison de cette légende.
Il y a eu la légende des jeunes qui, laissés par leurs parents pour une
soirée, s'étaient faits dévorer par des loups. Cette légende s'était
propagée au Lac Saint-Jean, et a hanté nos soirées d'enfance. On se
racontait cette histoire et on avait tellement peur d'aller dans le bois.
Ce n'était qu'une légende.
Existent également toute une série de légendes ayant le diable comme
personnage principal. Ainsi, encore au Lac Saint-Jean, il y avait une salle
de danse, située dans le milieu de nulle part. Elle était située sur un
espèce de terrain vague où les arbres ne poussaient pas. La légende raconte
que cette jeune fille s'est sauvée de chez elle pour aller danser avec son
amoureux. Ils ontdansé et dansé toute la soirée. À la fin, l'amoureux a
pris sa blonde dans ses bras et s'est sauvé avec elle sur un grand cheval
noir. Là où se tenait le cheval, ni l'herbe ni les arbres n'ont jamais
repoussé. On n'a jamais revu la jeune fille...ils la cherchent encore.
De nos jours, les légendes urbaines prennent une nouvelle forme. Il s'agit
de médicaments, de causes de maladies, etc.
Ainsi, il y a quelques mois, une rumeur courait à savoir que les
antisuforifiques pouvaient causer le cancer du sein. Eh bien!
Détrompez-vous. Il s'agit là, croyez-le ou non, d'une légende urbaine. En
effet, selon une enquête de la sérieuse revue Protégez-vous, enquête
effectuée auprès de plusieurs médecins et spécialistes. Et je cite le
Protégez-vous : « Un message alarmiste concernant un lien possible entre
les antisuforifiques et le cancer du sein circule depuis plus d'un an dans
Internet. Des spécialistes démentent cette légende urbaine. » Et, en
continuant de m'inspirer du Protégez-vous, je cite d'autres exemples
récents de légendes urbaines : les shampoings contenant du sulfate lauryl
de sodium, Les bananes de Costa Rica. Les crèmes solaires à l'épreuve de
l'eau.
Donc, autant de légendes urbaines qui viennent fausser les données sur
votre santé. Si vous désirez en savoir plus sur les antisudorifiques, vous
pouvez consulter le site Web de la Société canadienne du cancer :
www.cancer.ca/indexf.htm Vous trouverez réponse à vos interrogations et des
détails sur les antisudorifiques.
Je suis certaine que vous avez vos propres légendes urbaines en tête. Si ça
vous tente, écrivez-moi et nous en ferons l'objet d'une autre chronique
ultérieure, avec plusieurs de ces légendes. C'est intéressant, quelquefois
drôle et, à l'occasion, ça prend des proportions dramatiques.
genevharvey@yahoo.com