Éditorial : Le temps de se retrousser les manches

17 décembre 2015
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Ça y est, le rapport final de la Commission de vérité et de réconciliation a été rendu public. Le rapport ne déçoit pas du tout; il fait le tour des pénibles expériences vécues par plusieurs Autochtones dans les pensionnats indiens.
Mais plus que le rapport, ce sont les nombreux mois de travail de la commission avec plusieurs victimes qui leur a permis de faire face à leurs plaies encore vives. Nombreuse sont les victimes qui gardaient en elles les séquelles psychologiques des pensionnats. Une des façons de se guérir de ces plaies consistent à d’abord y faire face. Mission accomplie, même si l’exercice a probablement été ardu pour les membres de la commission. Ce n’est effectivement pas facile d’entendre jour après jour, semaine après semaine, mois après mois, les mêmes histoires d’horreur qui se répétaient d’une région à l’autre.
Un aspect important du rapport final repose sur la recommandation de ne pas oublier ce qui s’est passé. Il faudra que ce pan de l’histoire canadienne fasse maintenant partie du programme dans les écoles, tout comme on parle de la Seconde guerre Mondiale aux élèves, il faudra leur parler des sévices vécus dans les pensionnats autochtones.
Mais maintenant, il faut s’attaquer aux séquelles contemporaines. Après tout, en ce moment même, des enfants, des femmes et des hommes subissent des sévices de toutes sortes, séquelles de ces pensionnats.
On le sait, ceux et celles qui subissent des mauvais traitements dans leur enfance ont souvent la tendance à les faire subir à leurs propres enfants et à ceux qui les entourent. Il y a 50 ans, c’était des prêtres et des sœurs qui abusaient des enfants autochtones. De nos jours, ce sont leurs parents, leurs voisins, leurs amis qui le font. Et si on veut que ce cycle cesse, notre attention doit maintenant se tourner vers les actes actuels, sans pour autant oublier les actes du passé.
C’est le temps de se retrousser les manches et d’agir pour aider les jeunes d’aujourd’hui.