Le temps de faire un bilan sur... la cigarette!

01 novembre 2002
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Il y aura bientôt deux ans, j’étais une grande fumeuse devant l’éternel. J’avais toujours la clope au bec ou entre les doigts, dépendant où j’en étais rendue dans mon opération. Bref, toujours et toujours j’avais ce maudit clou de cercueil près de moi. Il y a deux ans et plus, sur toutes les photos (ou presque) qui ont été prises de moi, j’avais une cigarette. On aurait dit que je ne pouvais rien faire, ou à peu près, sans la cigarette. J’avais la sale impression d’économiser quand, de retour de voyage, de rapportais des cartouches de cigarettes achetées sans taxes, parce que de retour de l’étranger, ou achetées à bon compte, parce que de retour d’un voyage dans l’est. En effet, à l’époque, les cigarettes coûtaient bien moins cher au Québec et en Ontario. Alors vite fait, quelques cartouches, pour au moins me donner bonne conscience question fric faute de pouvoir le faire, question santé.

Oui, c’est difficile d’arrêter de fumer. C’est vrai qu’on ne pense qu’à ça, dans les premiers temps, quand on décide d’arrêter. Oui, ça vire le système à l’envers pendant un certain temps. Oui, on se mord les doigts au lieu de mâchouiller une cigarette rassurante. Par contre, au bout de quelque temps, même assez peu de temps, tout compte fait, le bien-être procuré par l’absence de boucane se fait sentir, de plus en plus, et pendant des périodes de plus en plus longues. Tout doucement, les bénéfices s’installent, bien évidents. On ne dira jamais assez le goût accru que prennent les aliments. Certains plats ou produits au goût délicat se manifestent d’un seul coup, témoins gastronomiques du dommage causé par la boucane dans la bouche. En effet, les papilles gustatives retrouvent avec fermeté leur propriété d’antan. La bouffe prend un sens différent. Autre manifestation évidente qui se produit dans les quelques jours qui suivent : la respiration. Je me souviens qu’au début, j’avais l’impression de n’avoir pas bien respiré pendant des années. Tout à coup, je réalisais à quel point je pouvais gonfler mes poumons d’air, alors qu’auparavant, j’avais le souffle court et je le ménageais de peur de ne pas en avoir assez. Plus de ménagement maintenant. Je me sers bien de mes poumons. L’air rentre bien et circule tout aussi bien. Quel bonheur de sentir cet air bien oxygéné se promener dans le système!

Je vous passe tous les bienfaits procurés du fait d’arrêter de fumer. Vous les connaissez, je les connais, et comment! Que dire de l’endroit où vous restez. Au bout de quelques mois de fumée de cigarette dans votre appart, et ça y’est : les murs sont jaunis, les rideaux, les plafonds. En plus d’une senteur de fumée froide bien installée et sournoise. Je suis allée danser dans une discothèque, l’autre soir. Le lendemain, ma maison empestait la senteur de cigarette imprégnée dans mes vêtements, dans mes cheveux, dans ma peau même, je dirais. La senteur manifeste le matin m’écœurait et ce n’est pas avant avoir lavé mon linge, pris une douche et fait aérer mon manteau que l’odeur s’est évaporée. Et dire que quand je fumais, je ne sentais pas tout ça! Difficile à croire, mais c’est ainsi.

Et si on parlait un peu du dégât que la cigarette cause : vêtements brûlés, cendre partout, ordinateur plein de cendre, tapis imprégné de senteur, etc. Essayez pour voir, vous allez constater tout le bien que vous allez vous procurer, et procurer à votre environnement. Vous allez fumer dehors? Tant pis pour vous, si vous vous sentez confortable à griller une clope, par une température de –40, grelottant et le nez coulant. Fini pour moi, en tout cas.

Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest a instauré un programme pour inciter les gens à arrêter. Il s’agit d’un concours et il y a des billets d’avion, etc., à gagner. Il semble que le programme intéresse bien des fumeurs qui profitent de l’occasion offerte pour arrêter en gang. Pourquoi pas? Tous les moyens sont bons.

Je voulais dire un dernier mot à ce sujet. N’allez pas croire que je suis la personne intolérante qui a cessé et qui fait une croisade pour que tout le monde arrête. Pas du tout. Je permets même à mes visiteurs de fumer chez moi...enfin de fumer près du ventilateur au-dessus de la cuisinière. Je comprends très bien les luttes menées par ceux qui arrêtent. Je comprends très bien qu’on tombe et retombe. Je comprends très bien que c’est difficile de se débarrasser de cette fidèle mais perfide compagne. Je comprends tout ça. Je fus fumeuse, je ne le suis plus et il s’agit là d’une des plus grandes victoires sur moi-même. Je sais pertinemment avoir encore bien des choses à travailler, à corriger, etc., mais je me suis donné des poumons pour le faire et si tout va bien, dans quelques années, ils seront comme neufs.

Je compatis avec ceux qui s’efforcent d’arrêter. je les comprends. Je les encourage. Et de grâce, laissez donc faire ceux qui ne veulent pas arrêter. Il s’agit là d’une décision personnelle. Laisse vivre les autres! Salut et bonne chance!

genevharvey@yahoo.com