Éditorial : Le temps de faire le ménage?

11 juin 2015
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Le rapport du vérificateur général sur les dépenses des sénateurs aura peut-être d’autres conséquences que de demander des remboursements de dépenses payées en trop par le Sénat.
En effet, derrière toute l’opération de pointage du doigt d’une trentaine de sénateurs se cache un malaise plus grave que l’absence de règles administratives strictes et explicites sur les dépenses des sénateurs, notamment les dépenses de déplacements.
Les trois principaux partis politiques à Ottawa sont unanimes à remettre en question le fonctionnement du Sénat, sinon son existence.
Il y a d’abord le parti au pouvoir qui voudrait bien que le Sénat devienne une instance à l’américaine, avec l’élection du Sénat. L’opposition officielle, le NPD, aimerait quant à elle tout simplement éliminer le Sénat. Quant aux libéraux, eux aussi aimerait une réforme du Sénat, mais en essayant d’accroître la neutralité du Sénat face aux partis traditionnels.
Oublions les notions d’éliminer le Sénat ou de transformer le mode de nomination. En effet, ces réformes exigeraient une modification constitutionnelle, or aucun des principaux partis politiques fédéraux n’est prêt à s’engager en ce sens, pas plus que les citoyens canadiens ne sont intéressés à voir repartir le débat constitutionnel qui a été remisé au rancart après l’échec du lac Meech.
Reste donc la réforme des règles de fonctionnement du sénat. Il s’agirait d’une réforme mineure qui serait aisée à mettre en place, surtout si un service comptable de contrôle des dépenses était simplement établi pour non seulement vérifier les dépenses des sénateurs, mais aussi, et surtout, pour les encadrer et les aider dans l’exercice de leur fonction de représentation.
Il y a une chose qui se dégage de cette vérification : peu de sénateurs ont agi de mauvaise foi et la plupart suivait des pratiques douteuses, mais c’était les seules pratiques qui leur étaient exigées et qu’ils connaissaient.
Il ne faudrait surtout pas que les sénateurs soient maintenant perçus comme des crapules en raison d’un laxisme administratif qui a ses racines dans de nombreuses années de négligence.