Environnement : Le spirituel s’en mêle

23 avril 2009
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(Photo : Maxence Jaillet)

(Photo : Maxence Jaillet)

L’évêque du Mackenzie-Fort Smith se déclare pour la suspension de l’expansion rapide des sables bitumineux en Alberta.

La circonscription ecclésiastique de Mgr Murray s’étant des berges du lac Athabasca jusqu’aux confins des baies de l’extrême Arctique ténois. Symboliquement, le bassin versant du Mackenzie représente le corps de son diocèse et l’eau du fleuve Mackenzie son sang. De peur de n’avoir rien dit et de consentir ainsi à la pollution d’une ressource essentielle au bien être et à la survie de ses paroissiens, l’évêque Murray s’est exprimé par le biais d’un communiqué contre l’expansion de l’industrie sablo bitumineuse prospérant au frontière sud de son diocèse. Ces déclarations adressées au public et aux politiciens des TNO sont, selon l’intéressé, un ajout à toutes les autres voix qui se sont exprimées pour le renforcement et l’application de normes environnementales avant tout autre développement dans cette région de l’Alberta.

« J’en appelle à une meilleure compréhension des effets combinés de ce développement pour notre futur, développe Mgr Murray en entrevue. Pour moi, un accord transfrontalier sur l’eau entraînant des obligations juridiques est essentiel entre les TNO et l’Alberta! Il nous faut plus d’information, cette exploitation n’est pas un procédé sans fin, je m’inquiète du peu de renseignements disponibles sur ce qui va se passer après que tout cela soit fini. L’industrie a-t-elle un plan? Est-ce un bon plan? Comment la restauration des terres va-t-elle être opérée? »

Dans sa déclaration datée du 15 avril 2009, l’évêque prend exemple sur les premières nations qui ont depuis longtemps compris l’urgence de protéger les terres et l’eau. Il demande à ce que les gens travaillent ensemble pour établir des limites et des directives pour protéger l’environnement et les gens de l’Alberta ainsi que ceux en aval aux TNO. Il veut la mise en place d’audiences publiques sur les effets cumulés des projets des sables bitumineux auxquelles les communautés ténoises seraient conviées et réclame l’engagement d’utiliser des technologies produisant des résidus secs pour tout futur développement.

 

Un cadeau de Dieu

Cette volonté de Mgr Murray de mêler la religion aux inquiétudes environnementales vient de plus loin que de ses propres préoccupations. En effet selon lui, la Conférence des évêques Catholiques du Canada encourage la préservation de la planète comme un aspect éthique à prêcher dans les paroisses. « L’eau est un don de Dieu, il faut respecter les cadeaux que l’on nous fait. Si l’on me donne quelque chose et que je ne m’en soucie pas, quel respect ais-je envers cette personne? C’est la même chose pour le respect de Dieu. »

Questionné s’il sermonne au sujet de la qualité de l’eau dans les communautés sur les rives du fleuve, l’évêque a répondu qu’il en parlait parfois pour se questionner sur l’intégrité de ce cadeau. « Nous avons longtemps ciblé les péchés personnels, je pense qu’il est important de parler aussi des péchés plus grand que nous, les péchés sociaux », confie Mgr Murray.

Pour cet homme de foi, Fort Chipewyan demeure la communauté la plus inquiétante. « Comme beaucoup de premières nations, les habitants de Fort Chip continuent de se nourrir de leur terre. Ils pêchent, ils piègent et chassent. C’est inquiétant tous ces problèmes de santé qui ont été révélés dans cette communauté », dit-il. Même si il ne perçoit pas totalement le lien des autochtones avec leur terre, que ce soit spirituel ou physique, il n’est pas dur pour Mgr Murray de comprendre que si l’environnement est en danger, les autochtones le sont aussi.

Finanlement, il se pose aussi la question à savoir si l’utilisation du gaz naturel de la vallée du Mackenzie pour aider à l’extraction d’une ressource beaucoup plus polluante en Alberta, est vraiment une bonne utilisation des ressources naturelles.