Éditorial : Le revers de la médaille

16 janvier 2014
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Il s’est fait tout un cas récemment des impacts positifs qu’aura l’ouverture de la route reliant Inuvik à Tuktoyaktuk. On ne peut nier les impacts positifs de ce développement. D’une part, il y aura un investissement considérable fait pour mener à bien des projets tant par le gouvernement fédéral que par le gouvernement territorial. Plusieurs centaines d’emplois canadiens seront ainsi créés pendant la durée du projet incluant des emplois locaux. Une fois le projet fini, on parle principalement de l’impact sur le coût de la vie dans cette petite collectivité sise sur les rives de la mer de Beaufort. Fini l’approvisionnement des denrées alimentaires par avion lorsque les barges cessent de circuler et que la route d’hiver n’est pas encore ouverte, comme c’est le cas maintenant. La nourriture par avion, même avec des subventions, ça coûte cher.
On en parle un peu moins, mais il faut bien avouer que cette route payée par les contribuables servira royalement bien aux compagnies pétrolières qui vont décider de se construire des plateformes de forage dans la mer de Beaufort.
La communauté de Tuktoyaktuk devra cependant s’attendre à quelques effets néfastes de ce projet. Si on prend l’exemple de Wrigley, petite localité qui a été reliée au reste du réseau routier canadien dans les années 1990, tout n’est pas rose avec une telle route.
Une fois terminée, la route permettra aux personnes affligées par le fléau de l’alcoolisme de pouvoir aisément sauter dans une camionnette et de se rendre en une couple d’heures au magasin des alcools à Inuvik. Profitant de son passage à Inuvik, et s’il lui reste de l’argent, cette même personne en profitera pour y faire son épicerie, car les aliments seront toujours moins chers dans ce centre régional. En plus d’un approvisionnement accru en alcool dans le village, un autre effet négatif de ce phénomène, c’est que l’épicerie locale à Tuktoyaktuk risque de connaître le même sort que celle de Wrigley et de fermer ses portes, faute d’un nombre suffisant de clients. Et ce seront les plus pauvres du village, les familles nombreuses et les personnes âgées, qui souffriront les conséquences de l’absence d’une épicerie dans le village.
J’encourage les leaders du Delta à tenir compte de ces facteurs auxquels la population locale sera bientôt confrontée.