Presse territoriale : Le retour du Native Press

13 août 2009
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À la fin août, Roy Dahl s'apprête à publier le troisième numéro du nouveau Native Press. (Photo : Maxence Jaillet)

À la fin août, Roy Dahl s'apprête à publier le troisième numéro du nouveau Native Press. (Photo : Maxence Jaillet)

Le journal autochtone des TNO est de nouveau sous presse.

Le même nom, un logo différent, mais des photos pleine page comme dans l’ancien temps. Le journal The Native Press effectue un retour dans les kiosques ténois avec une source d’actualité toujours aussi attenante aux peuples des premières nations qui résident aux TNO.

Non publié depuis 1996, le journal autochtone des Territoires, ne manquait pour revivre que la persévérance d’un de ses anciens journalistes. Si le canard des années 80-90 était une propriété de la Native Communication Society, la dernière version du Native Press est à 100 pour cent tenue et dirigée par son rédacteur en chef, Roy Dahl. Ce dernier raconte que depuis le mois de juin 2009, lui et sa femme travaillent d’arrache-pied pour publier un journal à chaque mois. Du reportage à la mise en page, de la photographie à la publicité, ils font tout.

« Pour le premier numéro, Katheleen et moi étions les deux seuls collaborateurs. Dans l’édition du mois de juillet, nous avons fait appel à d’autres articles provenant de différentes sources. » Roy Dahl souhaite que bientôt son journal soit publié toutes les deux semaines, il mentionne qu’alors, il devra certainement faire appel à d’autres plumes pour rédiger The Native Press.

Il recherche des collaborateurs dans les différentes régions des TNO, alors que le journal est publié de Fort Chipewyan à Norman Wells. Il aimerait développer un journal multilingue, avec des articles rédigés dans la langue spécifique à la région couverte et traduit également en anglais. « C’est un journal du peuple. Ce journal doit refléter le portrait de ses lecteurs, des communautés ténoises. Ce ne sera pas un journal à sensation. Je trouve qu’il est facile de faire un gros titre sur la condamnation d’un criminel, alors qu’il est beaucoup plus dur d’écrire une histoire qui va contribuer au bénéfice des gens. C’est plus simple de trouver la faute que de déceler la valeur », élabore le journaliste. Il ajoute que pour lui, la ligne éditoriale du journal n’est pas très importante. Il laisse à ses lecteurs la possibilité de s’exprimer et pense qu’il est approprié que ce ne soit pas nécessairement lui qui dise aux autres quoi penser.

Le Native Press se retrouve sur les étagères à chaque fin de mois au prix de deux dollars. Il est également accessible via Internet. Selon Roy Dahl, la tradition de produire un journal visuel au possible est bien respectée. « Le Native Press a souvent été reconnu pour la qualité de ses photos. Alors je n’hésite pas à mettre un coucher de soleil sur la dernière page du journal afin que les gens se rappellent leur lien avec la nature. »

Dans les années 1980, l’actuel journaliste de CBC North Television, Lee Selleck, a débuté sa carrière aux TNO avec le Native Press. Il raconte à L’Aquilon combien il est content que cet ancien média soit de nouveau en distribution. « Dans le temps, l’équipe était approximativement composée d’un tiers Déné, un tiers Métis et un tiers non Autochtone. Le journal a vraiment rempli une fonction aux TNO, c’était très populaire. Maintenant, si les gens manifestent l’envie de le lire à nouveau, cela réchauffe mon cœur en quelque sorte. Ça en dit long sur le travail que l’on a effectué », affirme Lee Selleck. 

Pour celui qui a couvert l’actualité provenant de maintes collectivités, l’expérience de rapporter des événements qui viennent du peuple semble être inestimable. « Je pense que le Native Press arrivera à relater des histoires qui touchent à l’essentiel. Les médias autochtones sont vivants dans ce sens qu’ils font ressortir des faits importants des communautés qui font éventuellement la une chez les média de grandes distributions », conclut-il.