Santé : Le programme de sage-femme avorté

19 mai 2011
0 Commentaire(s)
Miki Ehrlich, Wendy Lahey, Jessica Mace, Beth Bellami et Erica James entourent Bob Bromley sur le parterre de l’Assemblée législative. (Photo : Maxence Jaillet)

Miki Ehrlich, Wendy Lahey, Jessica Mace, Beth Bellami et Erica James entourent Bob Bromley sur le parterre de l’Assemblée législative. (Photo : Maxence Jaillet)

Le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest coupe le programme de sage-femme de Yellowknife par manque de moyen financier.

 

Soixante-dix personnes se sont attroupées, ce lundi 16 mai, devant l’Assemblée législative des Territoires du Nord-Ouest pour contester la suspension du service de sage-femme à Yellowknife. Des résidents de Yellowknife, des parents, des enfants, des femmes enceintes… tous circulaient en rond demandant la reprise immédiate du service de sage-femme coupé le 6 mai dernier, au lendemain de la Journée internationale des sages-femmes.

Jessica Mace, qui accouchera dans quelques semaines, espérait pouvoir être suivie par la seule sage-femme de Yellowknife. Elle indique en entrevue que son premier enfant est né grâce au soin de cette aide personnalisée. Elle dit qu’elle a apprécié ce contact avec une personne qualifiée pour les soins et les conseils durant la grossesse, l’accouchement et la période post-partum. « La sage-femme est sur appel 24 heures sur 24, pendant la grossesse et après. Elle est vraiment disponible et aide énormément. » Cette mère de famille raconte que maintenant, elle n’a pas le choix d’aller accoucher à l’hôpital avec un docteur qui, bien que sûrement qualifié, ne la connait pas et n’a pas beaucoup de temps à lui consacrer. Jessica Mace précise qu’elle espère que cette manifestation pourra faire une différence, ce lundi après-midi lors de la période de questions de l’Assemblée législative. « Selon moi, lorsqu’un programme est suspendu, il est vraiment difficile de le remettre en marche. Ils ont fermé le bureau de la sage-femme qui contenait son équipement, alors je pense que ce sera long et difficile pour elle de recommencer à zéro. C’est pour ça que j’espère que cette manifestation permettra de réinstaurer son poste dès maintenant et de montrer le besoin de sages-femmes supplémentaires à Yellowknife », déclare Mme Mace, ajoutant qu’elle estime que cette décision a été prise rapidement et qu’elle ne représente pas les besoins de la communauté de Yellowknife.

Juste avant que la Chambre ne ferme ses portes, quelques députés se sont mêlés aux manifestants afin de montrer leur soutien à la cause.

« La définition d’un politicien est que lorsqu’il voit une manifestation, il saute dans la mêlée et prend le devant de la file », d’imager Bob Bromley, le député de Weledeh.

Il avance que s’il soutient autant le programme de sage-femme, c’est que « ces gens réunis ici ont manifesté leurs besoins depuis longtemps et que nous n’avons que porté leur détermination devant la Chambre ».

 

Miltenberger questionné

Durant la période de questions du 16 mai dernier, le ministre désigné de la Santé et des Services sociaux a été questionné à quatre reprises au sujet du service de sage-femme de la capitale. Tous les députés de Yellowknife, mis à part David Ramsay et le ministre McLeod, se sont acharnés à obtenir des réponses du ministre Miltenberger. Glen Abernethy, Wendy Bisaro, Bob Bromley et Robert Hawkins ont questionné à tour de rôle sur les raisons de la suspension du programme et ont voulu savoir si le ministre s’engageait à remettre sur pied immédiatement ce service.

La réponse du ministre à cette question en Chambre a été courte : Non. Michael Miltenberger a justifié son refus par le manque de fonds nécessaires en tant que gouvernement à subvenir à tous les besoins des collectivités des TNO. Il a mentionné que plusieurs collectivités en dehors de la région de la capitale fonctionnaient même sans tous les services offerts à l’Administration des services de santé et des services sociaux de Yellowknife.

Le ministre a répété qu’il était lui aussi un fervent supporter des services de sage-femme et indique qu’il n’a fait que mettre en place la suggestion de l’administration.

Selon le ministre, une révision du programme estimée à 100 000 dollars doit être mise sur pied prochainement afin d’améliorer le programme et de l’étendre au reste des Territoires. Ses résultats et recommandations pourraient être inclus dans le processus de planification budgétaire de 2012-2013.