Unis TV : Le point après 18 mois

Au cœur du Yukon : Dans cette série documentaire de 13 émissions, Simon d’Amours part au volant de son autobus à la découverte des Franco-Yukonais.
(Courtoisie)

Au cœur du Yukon : Dans cette série documentaire de 13 émissions, Simon d’Amours part au volant de son autobus à la découverte des Franco-Yukonais. (Courtoisie)

Un an et demi après son entrée en ondes et en dépit de certains doutes, Unis TV a-t-elle réussi à faire la conquête des foyers franco-canadiens? Coup d’œil sur la chaîne qui veut être le reflet des réalités francophones au Canada.
Rappelez-vous, c’était le 1er septembre 2014. Un gala lançant la programmation d’Unis marquait les débuts de cette nouvelle chaîne, à l’initiative de TV5 Québec-Canada. Son mandat : faire de ce nouveau média la télévision des francophones du Canada. L’objectif est de taille quand on sait que Radio-Canada a été critiquée pour trop souvent montrer la réalité québécoise au détriment de celle des différentes communautés francophones au Canada.
Pour atteindre ce résultat, la nouvelle chaîne va ouvrir des bureaux à Moncton, Toronto et Vancouver. Montréal étant le siège social. En lui accordant sa licence, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) s’attend à ce qu’Unis montre aussi le visage des régions au Québec.
Offerte dorénavant systématiquement dans le bouquet de base des câblodistributeurs, Unis propose des émissions touchant tantôt l’art de vivre, la culture et la société, tantôt les voyages, les documentaires et le cinéma, sans oublier ses émissions jeunesse. Et avec tout ça, une vingtaine de productions originales.
Pierre Gang, le directeur de la programmation se dit « fier » de voir tout ce que la chaîne « a réalisé en si peu de temps ». Après tout, Unis a déjà eu deux nominations au gala des Gémeaux avec Pense vite! Des émissions comme Agrofolie, Le Canada plus grand que nature ou encore Couleurs locales ou Sur la route des jardins produite en Alberta semblent avoir trouvé leur niche.
Et surtout, selon Pierre Gang, Unis a réussi « à mettre des gens ensemble, à travailler avec des producteurs hors Québec, à les soutenir. » Selon M. Gang, la chaîne serait directement responsable de la création de neuf nouvelles maisons de production à travers le Canada. Un chiffre que ne nous a pas confirmé malheureusement l’Association des producteurs francophones du Canada.
Par contre, pour David Beata, producteur chez Machine Gum de Toronto, qui signe notamment l’émission d’affaires publiques Couleurs locales et Balade à Toronto sur la relève musicale, « la naissance d’Unis nous a certes permis de mettre sur pied notre entreprise, puisqu’il s’agit d’un client important pour les producteurs de contenu francophone œuvrant en milieu minoritaire.
« Les projets déclenchés par Unis et les enveloppes de production sont des éléments tangibles qui ont permis de monter une entreprise basée sur une structure financière concrète. » David Beata confirme qu’Unis a aussi été là pour les encadrer.
« Malgré notre courte expérience à titre de producteurs indépendants, Unis à su nous faire confiance avec les projets et en offrant les enveloppes financières requises pour soutenir la production.
« Une certaine forme d’encadrement fut offerte par Unis, par le biais d’experts-conseils sur certains besoins très précis. Mais au plus haut point, Unis a su nous faire confiance avec les projets. Cette confiance est, selon moi, l’aspect qui a contribué le plus au développement de notre entreprise. Ils nous on fait confiance sur le plan éditorial, esthétique et financier. »
Questionné pour savoir si Unis TV avait réussi à faire taire certaines critiques qui s’étaient fait entendre au moment de l’attribution de sa licence par le CRTC, Pierre Gang a clairement indiqué qu’il n’avait pas le goût « de retourner dans le passé ».
On se rappellera qu’à l’époque, devant le CRTC, la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) avait accordé son soutien à une autre chaîne, Accents.

Dix-huit mois plus tard, quel constat fait la FCFA? Pour sa présidente, Sylviane Lanthier, « il y a eu quelques bons coups comme la couverture de l’élection fédérale par l’émission Couleurs locales. Cependant ce qu’on perçoit, c’est que la chaîne Unis demeure très discrète et pourrait avoir plus de visibilité dans les communautés. »

D’où l’importance de garder le canal de communication ouvert entre la chaîne québécoise et cet important organisme pancanadien. « Depuis le départ de Suzanne Gouin, qui était présidente-directrice générale de TV5 Québec-Canada, on n’a presque plus de contacts avec Unis. On a hâte de rencontrer la nouvelle PDG, Marie-Philippe Bouchard, pour recréer des liens. On ne voudrait certainement pas qu’Unis prenne la voie de TVA qui, après avoir obtenu une distribution nationale grâce à l’appui des communautés, a cessé d’avoir des contacts avec celles-ci. »


Encore des projets
Rappelant au passage qu’Unis n’est pas en quelque sorte le club-école de TV5 Québec-Canada — « on fait chambre à part! » —, Pierre Gang est convaincu que la nouvelle chaîne amènera son lot de surprises dans les semaines à venir à commencer par deux nouvelles émissions : St-Nickel et Unis par le sang. St-Nickel sera la première série dramatique produite par Unis et se passera à Sudbury et mettra en vedette des comédiens franco-ontariens.
On y découvrira une femme forte, mère de deux enfants, travaillant dans un bar de danseuses et à qui la Ste-Vierge apparaît. « Décapant! », aux dires du chef de la programmation. L’émission sera lancée en juin. Quant à Unis par le sang, il s’agira de musique et de relève. Pierre Gang n’a pas voulu trop s’aventurer, les communiqués de presse n’étant pas encore envoyés! « Réjouissant » a-t-il qualifié cette nouvelle émission.
Un peu comme la série Au cœur du Yukon, Pierre Gang aime à rappeler que plus que jamais, ce « très gros bateau » qu’est Unis partira « à la rencontre des gens ».
 


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