Élection municipale : Le français, un précurseur en politique

15 octobre 2015
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Le site IserveU.ca se veut le portail électronique où les résidents de Yellowknife peuvent débattre et voter sur les décisions municipales.
 

La France établit les fondements de la démocratie moderne avec la révolution de 1789; au Canada, le français est l’une des deux langues officielles; le dynamisme francophone et sa place au sein des collectivités peuvent être un exemple pour d’autres langues. C’est avec ces liens rapides que le fondateur de IserveU présente le potentiel linguistique de cet outil nous rapprochant de la démocratie directe. « Il me semble que la lecture de documents est beaucoup plus efficace dans ma langue maternelle, explique l'anglophone Paige Saunders. Nous avons développé notre site pour qu’il soit multilingue. Sur le site, les motions seront présentées dans leur intégralité en anglais. Mais dans un premier temps, nous comptons traduire le titre de chaque motion et leur description pour que les francophones puissent plus rapidement décider sur quelles résolutions ils veulent voter. »
Saunders insiste que lorsque les choses seront en place pour le français, les autres langues pourront être représentées. Il mentionne les langues de la communauté philippine ou les langues autochtones pour faire miroiter un portail multilingue.

Un pas vers la démocratie directe
IserveU propose aux résidents de Yellowknife de pouvoir individuellement influencer le vote du conseil municipal sur chaque motion présentée. Lorsqu’un grand nombre de votes provenant du public est enregistré, les conseillers associés à la plateforme IserveU ont garanti suivre l’opinion publique. Si le débat ne suscite que peu de participation publique, ces mêmes conseillers traitent la question selon leurs recherches et convictions, tout en ayant reçu une certaine rétroaction. L’idée est donc d’offrir une voix aux Yellowknifiens, pour qu’ils puissent non seulement s’exprimer lors des élections municipales tous les trois ans, mais aussi participer constamment aux suffrages qui ont lieu durant la tenue hebdomadaire des conseils municipaux.
À la pensée que le système informatique pourrait générer plus facilement des voix derrière certains lobbys sûrementbien organisés, Paige Saunders répond que le lobbyisme est déjà bien présent dans la représentation indirecte actuelle et qu’il faudrait plusieurs milliers de voix pour que leur position fasse une réelle différence. Mais que si certaines idées arrivent à obtenir tant de soutien, c’est, selon lui, qu’elles devraient se concrétiser.

Tout sauf Google translate
Pour savoir si un sujet l’intéresse, l’utilisateur d’IserveU, regarde la liste des motions présentées au scrutin et peut lire les points de vue amenés par d’autres résidents. Il peut voter et commenter lui-même pour faire valoir ses idées. Paige Saunders et son équipe de développeurs comprennent que cette communication est essentielle et ne doit pas se « perdre dans la traduction ». « Nous comptons sur la production participative, le crowdsourcing, où des collaborateurs pourraient traduire les documents qu’ils veulent. Pourquoi pas avec un système d’étoile pour coter la version? »
La créativité abondante des fondateurs d’IserveU, une plateforme de source libre, cherche des perspectives et se refuse à toute rigidité gouvernementale. « Le projet est flexible, nous pouvons créer les choses auxquelles nous pensons. Je pense que nous ne sommes pas obligés de suivre le format du tout ou rien. La traduction peut attirer des étudiants, des gens de la communauté avec n’importe quel niveau langagier, car si certaines résolutions sont très spécifiques et requièrent un jargon technique, d’autres sont très élémentaires et suivent un format récurrent », argumente Paige Saunders.
Le 26 septembre dernier, le projet IserveU a tenu une soirée intitulée Le langage de la démocratie, qui se voulait une célébration de la francophonie en musique et en culture. Trois performances francophones ont été présentées. Pour les élections municipales de ce 19 octobre 2015, le projet IserveU peut compter sur trois candidats, soit 1/5 des candidats visant une place à l’hôtel de ville.