Chronique TNO Santé : Le TOC-Trouble Obsessionnel Compulsif

27 octobre 2011
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Vérifier 15 fois que toutes les portes sont fermées, ranger chaque soir pendant des heures ses chaussettes, se laver les mains 40 fois par jour… Environ 2 à 3 % de la population au pays (soit entre 500 000 et 70 000 Canadiens) seraient concernés par les troubles obsessionnels compulsifs. La maladie survient avant l’âge de 18 ans dans 50 % des cas et se développe de façon très graduelle ou de façon rapide à la suite d’un traumatisme ou d’un stress aigu. Elle est volontiers de tendance familiale.

Quand l’anxiété devient obsession
Les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) font partie des pathologies de l’anxiété. Les personnes qui en sont victimes sont confrontées à des pensées préoccupantes qui reviennent sans cesse (obsessions). Elles sont contraintes, pour les chasser ou les empêcher de survenir, de se livrer à des rituels particuliers (compulsions). La personne qui souffre de TOC a conscience de l’absurdité de ses pensées et/ou de son comportement, mais, sans aide, elle ne parvient pas à s’en départir. Ces rituels ne procurent aucun plaisir particulier au malade, mais il se sent contraint de s’y livrer.
Parmi des obsessions les plus fréquentes figurent : la peur d’être contaminée; le doute et des pensées d’ordre sexuel ou religieux; la peur des microbes; la peur de se blesser; la préoccupation de la sécurité d’autrui; la peur de commettre des actes scandaleux.
Parmi les compulsions les plus fréquentes figurent : la propreté excessive avec comme rituel de se laver les mains des dizaines de fois par jour, de ne pas pouvoir serrer la main des gens, de nettoyer son bureau ou son logement en permanence; le classement; le dénombrement; la répétition sans cesse d’un mot; le besoin de toucher; le besoin de vérifier plusieurs fois qui obligent à vérifier des dizaines de fois des actes simples de la vie quotidienne; le collectionnisme.

Quelques conseils pour l’entourage
Dans le trouble obsessionnel compulsif, le soutien de l’entourage est important. Mais souvent on ne sait pas comment aider ou encourager les progrès. Quelques conseils destinés aux proches d’une personne souffrant de TOC.
- Aidez en n'aidant pas : la règle la plus importante à suivre pour aider un malade souffrant de TOC est de ne pas l'aider à accomplir ses rituels et ne pas apporter de réassurance aux obsessions. Vous devez répondre à toutes les questions, mais ne répondez qu'une seule fois. Ensuite, dites seulement : « nous en avons déjà parlé » ou « tu connais la réponse », gentiment, mais fermement. Puis, ignorez toute demande de réassurance. Changez de sujet. Rappelez-vous : réassurer, c'est renforcer le problème.
- Évitez les comparaisons au jour le jour : certains patients ont l'impression qu'ils sont revenus au point de départ si leurs symptômes sont plus forts. Le jour où le malade va plus mal, vous pouvez lui rappeler que « demain sera un autre jour pour réessayer » afin qu'il n'interprète pas sa rechute comme un échec. Se sentir en état d'échec est autodestructeur; cela conduit à se sentir coupable, imparfait, et crée un stress qui peut intensifier les symptômes.
- Accordez de l'attention aux plus petits progrès : les petits progrès, même s'ils vous semblent insignifiants ou insuffisants, doivent être complimentés par l'entourage, car ils représentent un grand pas en avant pour le malade.
- Inciter la personne malade à consulter pour avoir un traitement médical : Il y a deux composantes de traitements des TOC : les psychothérapies et les médicaments. Ils sont souvent utilisés de concert.
Les psychothérapies sont diverses. C’est au spécialiste neuropsychiatre de déterminer la meilleure indication, en fonction des troubles et de la personnalité du sujet.
Les médicaments anxiolytiques réduisent l’anxiété, mais les antidépresseurs, sans que l’on sache exactement pourquoi, ont souvent un effet très positif sur la maladie.

Rappelez-vous, les personnes qui souffrent du TOC sont souvent capables de cacher leurs rituels et leurs obsessions, même à ceux qui leur sont les plus proches. Peu importe si le rituel ou l'obsession vous paraît ridicule ou bizarre, ne leur donnez pas l'impression que leurs pensées ou actions sont « folles » ou dangereuses. Ne les jugez pas!

Ressource :
Association canadienne pour la santé mentale (www.acsm.ca )