Exploitation minière : Le Phoenix pris dans le piège

28 août 2009
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Ed Sangris, chef des Dénés Yellowknives de la communauté de Dettah (Photo : Batiste Foisy)

Ed Sangris, chef des Dénés Yellowknives de la communauté de Dettah (Photo : Batiste Foisy)

Les Nations dénées de Yellowknife et de Lutsel K’e poursuivent en justice le Canada, une de ses agences et une compagnie minière.

Deux premières nations Akaitcho se rebiffent contre l’exploration minière du projet Phoenix sur un territoire qu’ils revendiquent comme un sentier de piégeage. Le 14 août, les premières nations des Dénés Lutsel K’e et Dénés Yellowknives ont rempli un avis de requête devant la Cour fédérale demandant la révocation du permis d’exploration accordé à une compagnie de Vancouver. Prétextant ne pas avoir été sciemment consultées, les deux communautés demandent à la Cour de s’assurer que la Loi sur la gestion des ressources de la vallée du Mackenzie soit appliquée justement et correctement par les responsables de l’Office des terres et des eaux de la vallée du Mackenzie. C’est en juillet dernier qu’on a émis à la compagnie North Arrow Minerals l’approbation de poursuivre l’exploration pour son projet Phoenix situé non loin du lac Alymer à 340 km au nord-est de Yellowknife.

Interrogé par L’Aquilon, le chef de la communauté de Dettah, Ed Sangris, estime que la compagnie minière n’a pas daigné les consulter, et a cherché l’appui du ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada (AINC) à la place. « Quand ils ont présenté une demande à l’Office, ils ont assuré nous avoir consultés. Mais ce n’était pas vrai. Nous étions prêts à travailler avec North Arrow, et nous leur avons soumis une ébauche d’entente d’exploration pour entamer les discussions. À la place de discuter avec nous, ils ont rejeté notre procédé et ont tout de suite appliqué pour le permis. »

C’est cette façon de faire qui d’après le Chef Sangris les forcerait à se présenter actuellement devant la Cour pour que les choses soient correctement effectuées finalement. « Ils ont dit que le prix des consultations avec les Premières nations était trop élevé », explique-t-il spécifiant que les consultations étaient estimées autour de 20 000 dollars pour la location d’espaces, les frais d’interprétation, et quelques amuse-gueules lors des rencontres avec la communauté, mais comprenaient aussi le contrôle et les recherches archéologiques sur le site. « Ils sont capables de débourser des millions et des millions pour l’exploration, mais ne donneraient pas une cenne noire pour la consultation », s’insurge le chef déné.

La requête implique la compagnie North Arrow minerals et le procureur général du Canada. Autant la compagnie minière que les relations aux médias d’AINC n’ont voulu commenter les accusations à L’Aquilon. Le ministère fédéral a évoqué le statut de l’affaire devant les tribunaux, tandis que la compagnie de Vancouver a proclamé dans un communiqué que son permis restait valide et qu’elle détenait le monopole des minerais sur le site du projet Phoenix.