Perte de financement : Le PDCC change de main

02 mai 2013
0 Commentaire(s)

Le non renouvellement du Programme de développement culturel et communautaire (PDCC) n’est pas censé affecter les besoins des francophones en milieu minoritaire.


Le Programme de développement culturel et communautaire (PDCC) traditionnellement géré par le gouvernement territorial (GTNO) et cogéré par la communauté francophone a été rapatrié à Patrimoine canadien pour la gestion financière.

Ce changement a des conséquences nombreuses. Léo-Paul Provencher, le directeur général de la Fédération franco-ténoise (FFT) l’a appris d’une façon informelle lors d’une rencontre. Cependant, tout confirmait que ce dernier n’était plus sous l’autorité du gouvernement ténois.

De l’avis de Monsieur Provencher, le gouvernement fédéral souhaitait voir le gouvernement territorial gérer lui-même son offre de service et ceux proposés à la communauté, mais que le programme de développement culturel et communautaire ne faisait pas partie de cette offre de service, puisqu’il a pris le contrôle de l’argent, soit 145 000 dollars.

Les conséquences immédiates sont que le PDCC qui a été cogéré par la communauté et le GTNO depuis près de 20 ans donnait l’opportunité à la communauté de s’exprimer sur ses priorités. Celles-ci étaient confirmées annuellement lors de l’Assemblée générale annuelle de la Fédération. Les décisions de l'AGA étaient ensuite transmises au gouvernement territorial. De cette façon, les représentants des Ténois démontraient leur accord avec les différents projets. Cet exercice ne se faisait pas à vase clos puisque le GTNO siégeait à la table de l’analyse des propositions qui rassemblait aussi Patrimoine Canadien, ainsi que des représentants des communautés de Fort Smith, Inuvik, Hay River et Yellowknife ainsi que la Fédération franco-ténoise.
Monsieur Provencher s’est dit intrigué de ce qui adviendra de la participation du GTNO à cette table-là.

En ce moment, la FFT s'est informé des intentions GTNO, puisque le fédéral a pris possession de l’argent et il n’y a rien qui garantit qu’il va continuer à la « redonner ». Auparavant, il la confiait au GTNO, qui s’était doté d’une méthode de gestion. Désormais, la question qui plane est à savoir si ce dernier cherchera une voix pour remplacer ce qui existait avant afin d’assurer une continuité. Bien que les organismes aient des petits budgets de fonctionnement provenant du gouvernement fédéral, le côté qui complétait le financement de fonctionnement de projets était le PDCC. Il complétait du moins une partie du financement pour la réalisation de projets. Et cela pourrait avoir des effets négatifs s’il n’est pas substitué par autre chose, au risque même de voir l'abandon de ces activités.

Pour l’instant, des réponses formelles sur ces changements n’ont pas encore été toutes reçues pour la FFT.

De son côté, Benoit Boutin, le directeur général au Secrétariat aux affaires francophones a fait le point sur la « relation » avec le PDCC. Il a confirmé que celui-ci maintient la prestation des services au public, même si l’enveloppe budgétaire du programme de développement culturel et communautaire est désormais sous la responsabilité complète du gouvernement fédéral.

Le gouvernement territorial continuera à offrir des services en français et à travailler à la mise en œuvre du plan stratégique en collaboration avec la Fédération franco-ténoise. Monsieur Boutin a cité par exemple les services de traduction en français, tous les lois et règlements devant être publiés et adoptés dans les deux langues officielles. Il en est ainsi pour tous les traducteurs œuvrant au Secrétariat des affaires francophones.
« Cela a toujours été un but de l’Accord de contribution que l’on a toujours eu avec le gouvernement fédéral et qui maintenant sera axé sur la prestation des services au public ».

À l’automne 2012, le ministre responsable des langues officielles, Jackson Lafferty a déposé à l’Assemblée législative un plan stratégique sur les communications et les services en français.
Il s’agit d’un plan qui réagit à toutes les questions de services en français dans tous les domaines qui sont offerts à la communauté. Cependant, le directeur général a signalé que d’importants changements seront constatés, notamment pour les documents offerts au public en français (sites web, certificats, brochures). Ce plan stratégique est basé sur ces questions et parle également d’une consultation annuelle au quelle le ministre des Langues officielles assistera avec la population francophone. Il comporte aussi l’aspect des ressources humaines, le recrutement de nouveaux postes, la question des compétences linguistiques.

Aussi, M. Boutin a assuré que les communautés demeureront entendues, puisqu’il y a un comité qui a été créé en 2010, le Comité de consultation et de coopération GTNO-FFT qui a travaillé sur l’élaboration du plan stratégique.

Dans un courriel daté du 1er mai 2013, une agente aux communications de Patrimoine canadien a décliné une demande d'entrevue, mais a confirmé le rapatriement du programme.Le gouvernement fédéral n'avait toujours pas répondu à nos demandes d'information au moment de mettre sous presse.