Nordicité : Le Nord par le Nord

01 mai 2014
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« Nous voulons vraiment que ce rapport soit consulté par ceux [au Fédéral] qui prennent des décisions dans le domaine de la santé, de l'éducation et dans la recherche », a souligné le directeur général de la CCAP, David Scott, mentionnant que le rapport serait mis de l'avant avec une certaine agressivité. (Denis Lord)

« Nous voulons vraiment que ce rapport soit consulté par ceux [au Fédéral] qui prennent des décisions dans le domaine de la santé, de l'éducation et dans la recherche », a souligné le directeur général de la CCAP, David Scott, mentionnant que le rapport serait mis de l'avant avec une certaine agressivité. (Denis Lord)

Développer le savoir nordique comme un secteur économique en soi
 

Les instances politiques et éducatives doivent participer au renforcement des capacités du Nord, c'est-à-dire faciliter l'implication des peuples du Nord dans la recherche et le savoir et les prises de décisions concernant leur territoire. C'est du moins une des conclusions de L'état du savoir nordique au Canada, le rapport de la Commission canadienne des affaires polaires (CCAP) rendu public la semaine dernière.
La CCAP est une agence fédérale se rapportant au ministère des Affaires autochtones et du Développement du Nord. Son rapport se veut une sorte de revue de la littérature consacrée au Nord. Les axes principaux qui y sont investigués sont qualifiés de transversaux en raison de leur interdépendance. Ce sont le coût de la vie, la santé, l'exploitation des ressources et l'environnement.
L'augmentation de la participation des gens du Nord aux décisions les concernant se veut un élément déterminant de la démarche. Des 114 spécialistes de la recherche nordique consultés pour l'écriture du rapport, les deux tiers, soient 76, seraient des résidents du Nord. La présidente du Inuvialuit Regional Corporation, Nellie J. Cournoyea, est présidente du conseil d'administration du CCAP. Parmi le comité consultatif qui a guidé l'élaboration de la recherche, on retrouve quelques acteurs du Nord, comme la directrice de la Commission géologique du Yukon, Carolyn Relfe.
Ces leaders de la science et des affaires proposent huit mesures qui permettraient de « stimuler une participation accrue dans le savoir nordique ». Parmi celles-ci, l'accroissement des partenariats de recherche impliquant les gouvernements autochtones et leurs instituts de recherche affiliés, la mise au point de mécanismes et de politiques visant à soutenir et à étendre la collectivité résidente de la recherche nordique et, enfin, l'interconnexion entre les collèges septentrionaux et les agences des trois principaux conseils qui financent la recherche — le Conseil des recherches en sciences humaines par exemple.


Ancrer le savoir

Le rapport L'état du savoir nordique au Canada ne présente pas d'informations sur les obstacles institutionnels à une plus grande influence locale sur la recherche nordique.
Le directeur général de la CCAP, David Scott, a néanmoins indiqué qu'il y avait de la place dans le Nord à l'amélioration des infrastructures d’enseignement postsecondaire. « Il y a déjà des partenariats avec des universités du Sud qui commencent à offrir des programmes dans le Nord. Mais à long terme, il n'y a aucun doute que le Nord aura besoin d'une ou de plusieurs universités. Le processus pour atteindre cet objectif sera lent et progressif. Mais j'ai été très encouragé de voir Agnico Eagle Mines promettre 5 M$ pour la construction de l'infrastructure physique d'une université au Nunavut. C'est un geste positif qui reflète la reconnaissance des capacités intellectuelles des gens du Nord. Plus les institutions se localisent dans le Nord, plus on pourra voir de jeunes étudiants inspirés à poursuivre des études postsecondaires et à grossir les capacités intellectuelles locales pour affronter les défis du futur. »
Le manque d'équipements adéquats et d'un réseau de télécommunications efficace est un obstacle majeur à l’enseignement postsecondaire local, avance le directeur général du Collège nordique, Jean-Pierre Joly, particulièrement si une institution a un mandat panterritorial impliquant de la formation à distance. « En 2010, rappelle-t-il, le directeur général du Campus Aurora à Inuvik, devait compléter la formation à distance par téléphone parce que le réseau [de télécommunications] plantait. » Le directeur général du Collège nordique francophone souhaite ardemment que se réalise la promesse faite par le gouvernement fédéral de doter le Nord d'un réseau fiable à haute vitesse.