Compressions de postes à Environnement Canada : Le Nord ne sera pas épargné

08 septembre 2011
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 776 emplois seront supprimés à travers le pays, incluant les régions nordiques.

Selon Mark Johnson, porte-parole pour Environnement Canada, sur les 776 employés qui seront touchés par les compressions au sein du ministère, 58 se trouvent dans la région des Prairies et du Nord (région qui comprend l’Alberta, la Saskatchewan, le Manitoba, le Nunavut et les Territoires du Nord-Ouest) et 62 sont touchés dans la région du Pacifique et Yukon (Yukon et Colombie-Britannique). Pour des raisons de confidentialité, M. Johnson n’a pas donné de détails concernant les postes qui seront supprimés dans chaque région. Il a toutefois indiqué que la situation est semblable à travers le pays.

Malgré les compressions, Mark Johnson affirme que seulement 300 employés seront déclarés excédentaires. Il indique que plusieurs départs à la retraite et l’ouverture de postes dans le ministère permettront à bon nombre d’employés touchés d’être transférés à un nouveau poste. « Les employés touchés par cette décision seront couverts par le programme de réaménagement des effectifs qui les aidera à faire la transition vers de nouveaux emplois et une formation », ajoute-t-il.

Le Parti vert a été le premier à réagir à cette situation. Le parti caractérise d’inacceptable les compressions à Environnement Canada. « À quoi cela peut-il bien servir de licencier des gens, dont les compétences et l’expertise sont vitales, si on les garde sous d’autres conditions? Pourquoi prendre le risque de perdre des professionnels aussi hautement qualifiés? », a demandé la chef des verts Elizabeth May. 

 

Questions sur les capacités d’agir d’Environnement Canada

Les critiques sont nombreuses à dénoncer les compressions à Environnement Canada, questionnant la capacité d’agir du ministère dans l’accomplissement de son mandat avec 11 % de personnel en moins. « Le gouvernement Harper doit au minimum donner des explications à la population sur la façon dont il compte s’assurer que ces mises à pied ne nuiront pas aux activités d’Environnement Canada, » a dénoncé Mme May. Elle rappelle que le mandat d’Environnement Canada est de protéger et de conserver l’environnement naturel et les ressources renouvelables du Canada, et cela inclut notamment la recherche de la mise en œuvre des politiques environnementales et de l’application des règlements entourant l’eau et la biodiversité.

Selon William Pynn, président national du Syndicat des travailleurs de l’environnement, le grand nombre de postes qui seront supprimés rendra difficile la poursuite de programmes et de recherches dans plusieurs domaines. « On prédit déjà que des programmes reliés aux changements climatiques ainsi qu’à l’accès à l’eau potable seront touchés, et ces programmes sont très importants pour le Nord, » explique-t-il.    

M. Pynn rappelle que les coupures touchent plusieurs postes importants au sein du ministère. « Notre syndicat représente plus de 400 travailleurs touchés par ces compressions. Ils sont autant des scientifiques que des ingénieurs et des personnes sur le terrain qui soutiennent les programmes en place. Il faut aussi noter que des restrictions en matière de déplacements et de ressources seront imposées dans les ministères, ce qui rendra la tâche encore plus difficile même aux employés qui conserveront leur emploi. »

 

Décision politique? 

Plusieurs groupes environnementaux critiquent non seulement les compressions de postes à Environnement Canada, mais aussi la politique globale du gouvernement Harper en matière d’environnement. « Nous donnons aux pollueurs exactement ce qu’ils veulent : un ministère avec des ressources humaines limitées qui a une capacité scientifique réduite et aucun moyen d’implémenter ses politiques », dénonce le directeur général de Sierra Club Canada, John Bennett.  

Un avis qui est partagé par Mark Pynn. « Ce gouvernement n’a pas été très soucieux de notre environnement. Les coupes budgétaires que nous voyons en ce moment ne sont que le reflet des politiques gouvernementales du moment. L’environnement est une préoccupation majeure chez les Canadiens, mais il semble que ce ne soit pas le cas de ce gouvernement. »