Gestion des ressources : Le GTNO n'a pas autorité

21 janvier 2010
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Le chef Ed Sangris montre l’avertissement qui a été remis à un membre de sa communauté. (Photo : Maxence Jaillet)

Le chef Ed Sangris montre l’avertissement qui a été remis à un membre de sa communauté. (Photo : Maxence Jaillet)

La nation dénée réaffirme n’être pas soumise à l’autorité des Territoires.

 

Le gouvernement des TNO n’a aucune emprise sur le peuple déné, d’après les récentes allégations des deux chefs des premières nations des Dénés de Yellowknife, de N’Dilo et de Dettah, soutenus par le chef national déné, Bill Erasmus. « Nous ne pouvons concevoir, nous en tant que peuple Déné, être imposé par une institution extérieure », de déclarer Edward Sangris, le chef de Dettah, lors d’une conférence de presse dans les bureaux de la Nation Dénée à Yellowknife.

Cette déclaration s’est imposée à la suite d’un incident que les premières nations dénées yellowknife jugent comme étant une violation à leur traité.

Pendant la fin de semaine du 16 janvier, quatre membres des Dénés yellowknife se sont senti les victimes de l’une des plus graves humiliations que l’on peut subir lorsque l’on est chasseur autochtone. Alors qu’ils prélevaient huit caribous dans le périmètre de la zone interdite à la chasse, mise en place par le gouvernement des TNO depuis le 1er janvier 2010, ces quatre chasseurs ont été avertis par un agent du ministère des Ressources naturelles qui a saisi six des huit caribous tués. Lors de cette rencontre avec les médias, ces chefs ont rappelé que traditionnellement c’était l’affront le plus pinçant que de se voir empêcher de distribuer la viande récemment chassée.

Le chef Ted Tsetta a insisté que dans le traité signé en 1900, il a été inscrit sur ce document légal de : « ne jamais restreindre notre peuple de chasser, pêcher et piéger ». Il clame que « ceci n’a pas changé depuis une centaine d’années », et que cela ne changera pas tant que les premières nations ne seront pas d’accord. Il a poursuit en statuant que sa première nation a une entente avec la couronne, et non avec le GTNO. « Nous ne suivons pas leurs lois. Notre loi est notre traité », a-t-il protesté.

Les chefs estiment que leur peuple n’a approuvé aucune restriction que ce soit. « Nous n’accepterons pas ces restrictions, nous continuerons de chasser. Sur notre territoire, personne ne nous dira où chasser. »

 

Autorité et responsabilité

Le ministre des Ressources naturelles des TNO, Michael Miltenberger qui assure également la fonction de vice-premier ministre du gouvernement, défend l’autorité du GTNO d’imposer des restrictions de chasse sur l’ensemble de son territoire. « Selon notre opinion, et d’après ce que nous avons vérifié, nous possédons cette autorité. Non seulement nous possédons l’autorité, mais nous avons également la responsabilité », de noter M. Miltenberger. Ce dernier pense que le déclin des caribous est un fait acquis pour la majorité des gens et qu’il est nécessaire de prendre des actions pour la protection de la faune. Il revendique que son gouvernement a pris ces mesures en travaillant avec les leaders autochtones et que des consultations se sont déroulées.

« Nous sommes persuadés que les résultats que nous détenons nous forces à prendre ces mesures d’urgence temporaires, car nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas réagir et de laisser passer une autre saison de chasse au complet », ajoute-t-il.

Le ministre a souligné que cette restriction était temporaire, car il est possible qu’elle soit levée par la mise en place des recommandations issues de l’Office des ressources renouvelables de Wek’eezhii (ORRW) que le gouvernement tlicho et le GTNO sanctionneront au cours du printemps 2010. Au mois de septembre dernier, lors de l’annonce du déclin drastique des caribous de la harde Bathurst, une période de trois ans avait été mentionnée comme étant un répit possiblement suffisant pour permettre la survie de cette population de caribous.

 

Nouvel élan pour la constitution 2015

Les leaders autochtones soutiennent que dans leurs communications avec le ministère de l’Environnement, il a été dit qu’une récolte d’environ 200 têtes par communauté autochtone ne placerait pas la harde de Bathurst en danger outre mesure. Ils avancent alors ne pas comprendre pourquoi ils n’ont pu pratiquer leur chasse qu’ils estiment responsable. Pour Bill Erasmus, c’est un abus de pouvoir et cela anime d’autant plus la nécessité pour les TNO de se pourvoir d’une constitution. « Notre peuple à une constitution orale. Ces chefs sont notre gouvernement, ils sont nos lois. Ces lois doivent être reconnues et comprises », clame-t-il au bénéfice de son projet constitutionnel. Selon lui, la seule constitution aux TNO est celle des Tlichos, le reste découle uniquement de la Loi sur les TNO qu’il juge centenaire et désuète. Il aspire à ce que les résidents du Nord se concertent pendant les quatre prochaines années pour que tous puissent vivre en harmonie aux TNO.

Après cette conférence de presse, les trois chefs dénés se sont envolés vers Fort Simpson où la réunion des leaders dénés a eu lieu pendant la semaine. À l’ordre du jour de cette réunion, il était déjà prévu de développer la situation des caribous et de se concerter sur le projet de constitution.