Projet gazier Mackenzie : Le Deh Cho maintient le bras de fer

22 avril 2010
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(Photo : Maxence Jaillet)

(Photo : Maxence Jaillet)

Les plaidoiries finales du mégaprojet se sont achevées cette semaine.

 

Les micros sont coupés. Toutes les parties pour ou contre la construction du gazoduc de 1 200 kilomètres, le long de la vallée du fleuve Mackenzie, ont déposé leurs derniers dires devant le comité d’audience de l’Office national de l’énergie (ONÉ), qui a siégé à Yellowknife et finalement à Inuvik. Durant les audiences de Yellowknife, les représentants de la première nation Deh Cho n’ont pas reculé sur leur position. Jonas Antoine, qui parlait au nom du conseil des aînés du Deh Cho, a réitéré l’idée qu’« après le développement du pipeline, le peuple Deh Cho ne sait pas ce qu’il va lui arriver ». Alors que M. Caron, membre du comité d’audience, demandait à Jonas Antoine s’il pouvait s’imaginer le bénéfice du gazoduc dans un futur où toutes les recommandations de son peuple ont été satisfaites. L’aîné a répondu qu’il ne voyait pas le Deh Cho dans une meilleure position pour autant.

Sam Gamble, grand chef de la première nation du Deh Cho, a étayé un plaidoyer qui a divergé un tant soit peu du simple refus de ses aïeux. « Le Deh Cho n’est pas prêt à abandonner son mode de vie pour quelques dollars. Notre terre est très hospitalière, mais si vous cherchez à la détruire, elle deviendra inhospitalière. » Il a indiqué qu’il lui était impossible de s’exprimer pour ou contre le projet, du fait qu’il y avait encore trop de facteurs inconnus pour le Deh Cho. Le chef Gamble a revendiqué une dernière fois que le Projet gazier du Mackenzie (PGM) ne pourrait pas aller de l’avant tant et aussi longtemps que les revendications territoriales et les plans d’aménagement du territoire ne seraient pas complétés. Le coup de poignet dans ce bras de fer entre le Deh Cho et les promoteurs du projet réside dans le fait que le chef autochtone a mentionné qu’il jugeait bénéficier amplement de temps pour compléter (avec un gouvernement fédéral attentif) ces revendications avant la fin 2013, date à laquelle le consortium pétrolier estime pouvoir rendre sa décision à savoir si oui ou non il désire construire le pipeline, advenant le feu vert de l’ONÉ en septembre prochain.

À Inuvik, le mardi 20 avril, Nellie Cournoyea, qui est à la tête de l’Inuvialuit Regional Corporation et qui, en 2001, a créé, avec d’autres leaders autochones, l’Aboriginal Pipeline Group, maintenant l’un des cinq promoteurs du PGM, a contesté la prise de position du Deh Cho. Elle estime que le projet devrait aller de l’avant, que le Deh Cho ait réussi à compléter ses revendications territoriales ou non.

Le même son de cloche était attendu de la pétrolière Impériale alors que Don Davies, qui représente le consortium, a été le dernier à parler lors de ces audiences, qui ont pris fin ce jeudi 29 avril. En entrevue, Pius Rolheiser, attaché de presse de l’Impériale, a confié que son parti considérait que tous les efforts de consultations avec les peuples autochtones avaient été plus qu’adéquatement menés.