Protéger les langues autochtones : Langues

02 juin 2000
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La commissaire aux langues des T.N.-O., Judy Tutcho, a recommandé au gouvernement territorial de modifier sa politique de privatisation des services de langues dans un rapport publié le 31 mars dernier. Cette dernière estime que transférer les obligations linguistiques au secteur privé, sous les conditions actuelles, empêche les Autochtones de profiter des droits spécifiés dans la Loi sur les langues officielles des T.N.-O. « Le gouvernement ne contrôle plus la situation linguistique une fois que les services de traduction et d'interprétation sont privatisés », s'est - elle plainte. « Je n'ai pas le droit d'examiner la gestion des services privés puisqu'ils ne sont pas sous tutelle gouvernementale, ni couverts par la législation », a-t-elle ajouté.

Mme Tutcho estime qu'il est temps de changer les dispositions des futures ententes avec les entreprises privées. Son rapport recommande de modifier la Loi sur les langues officielles des T.N.-O. afin de forcer les entreprises à se plier à ses politiques.

Elle soutient qu'insérer une clause obligeant les services de traduction et d'interprétation à respecter les principes de la Loi aura comme effet d'assurer un meilleur service pour la population autochtone. Les entreprises ne sont pas obligées d'offrir des services dans d'autres langues puisqu'elles ne sont pas une partie intégrale de la fonction publique.

« J'espère que le GTNO prendra sérieusement en note le rapport et qu'il mettra en ¦uvre les recommandations. Je souhaite qu'il réexamine sa politique de privatisation et qu'il la réintroduise à une échelle réduite ». Mme Tutcho admet toutefois qu'elle ignore si son rapport a convaincu les députés de procéder à des modifications à la loi. Elle affirme qu'elle le saura dès la prochaine session de l'Assemblée le 20 juin prochain. Entre-temps, elle estime que l'impact de la privatisation sur les langues autochtones aura laissé ses séquelles. Elle affirme que le manque de normes linguistiques réduit la qualité de la traduction.

« Plusieurs termes sont entrés dans le vocabulaire des autochtones depuis les trois dernières années. Le mot « millénaire » est l'un d'entre eux. Pourtant, personne ne peut dire quel terme précis doit être employé pour désigner cette notion. Chacun y va selon son gré. »

De nombreuses plaintes ont été recensées au commissariat aux langues des T.N.-O. à propos de la qualité et du coût des traductions. Elle affirme que les ministères ont dû débourser à deux reprises les frais d'une seule traduction qui n'a pas été complétée de manière satisfaisante. La commissaire a indiqué qu'elle aimerait savoir ce qui est advenu des traducteurs qui travaillaient pour le GTNO avant la privatisation de leurs services. Elle ne sait pas s'ils travaillent toujours dans leur domaine. La commissaire aux langues des T.N.-O. a également laissé entendre qu'elle ne savait pas ce qui est advenu des ressources développées pour faciliter l'apprentissage et la traduction des langues autochtones. Elle affirme que des livres et des cassettes ont été envoyées à diverses communautés, mais que le reste demeure pour elle un mystère.
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