La folie de Crazy Legs, une dernière fois : La troupe de danse contemporaine tire sa révérence, mais fait des petits.

27 janvier 2011
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Sarah Elsasser, Pascaline Greau et Tomiko Robson jouent à la bascule dans la pièce

Sarah Elsasser, Pascaline Greau et Tomiko Robson jouent à la bascule dans la pièce "clowning around" chorégraphiée par Darha Philpot.

Difficile à croire que ce soit déjà fini. Après sept ans, la troupe de danse contemporaine Crazy Legs accroche ses pointes.

Le projet lancé en 2004 par les chorégraphes Karen Wasicuna et Darha Philpot a tiré sa révérence – ou enfin presque – avec un troisième grand spectacle au Northern Arts and Culural Center, la semaine dernière. Et ça valait le coup d’y être.

Une quarantaine de danseuses, dix chorégraphies originales, une bascule géante de vingt pieds de long, encore une fois, les filles de Crazy Legs nous auront éblouis. Si les pièces étaient de valeurs inégales, on peut dire que l’ensemble forçait l’admiration. La pièce « Thirteen », chorégraphiée par Keri-Lyn McLeod, qui ouvrait le spectacle m’a particulièrement ravi. Peut-être parce qu’elle abordait la thématique de la maternité, un incontournable dans cette communauté où l’on voit tant de bedons et poussettes. Touchant, d’ailleurs, d’y voir Marie-Pierre Dupont, enceinte avec ou sans costume.

Puis il y avait ce solo un brin trash signé Karen Wasicuna, où l’artiste explore la naissance et le rapport parfois pesant au corps. Son costume de planche anatomique à lui seul suffisait à nous hérisser le poil. Et il y avait l’envoûtant jeu de lumière ouvrant « Bugs », de Chelsea Donaldson, quand ce vairon grouillant se transforme sous nos yeux en magnifique papillon. Et encore la pantomime loufoque de Sarah Elsasser, Pascaline Greau et Tomiko Robson dans « Clowning around » de Darha Philpot. Waou!

Pourquoi arrêter quand c’est si bon?

« Nous avons fait trois grands spectacles au NACC, nous avons fait des voyages, des spectacles en Alberta, au Yukon, en Alaska, nous avons donné plein d’ateliers, énumère la co-fondatrice Darha Philpot. Alors, à ce moment-là, on se dit, voilà, nous avons atteint nos objectifs. C’est le moment de mettre Crazy Legs au lit et de laisser quelque chose d’autre prendre la place. »

Et relève il y a. Après avoir formé autant de talent, Crazy Legs laisse Yellowknife avec une communauté de danse bien établie.

« Pendant l’aventure Crazy Legs, l’académie de danse Bella a ouvert ses portes, note la chorégraphe, et il y a maintenant beaucoup de danseuses à Yellowknife et également des gens qui incorporent la danse à d’autres formes artistiques, comme le théâtre. »

Isabelle Gauthier, qui danse avec Crazy Legs depuis ses débuts, estime également que la danse se porte bien à Yellowknife. « On est parti de deux chorégraphes à une dizaine et je pense qu’il y a le potentiel pour encore plus, dit-elle. Ça ne peut que s’améliorer et devenir quelque chose de plus en plus beau et de plus en plus grand. »
Oui, Crazy Legs a fait des petits. Littéralement. Durant ces sept années, les artistes de la troupe ont donné naissance à treize bébés. On hâte de les voir grouiller sur scène.