Révision de l’hôpital Stanton : La tête du directeur mise à prix

29 novembre 2002
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Les employés de l’hôpital territorial de Stanton ne veulent pas que le directeur général paie le prix des lacunes du système de santé.

Les évènements qui ont suivi la publication des 37 recom- mandations de la révision de l’hôpital Stanton causent plus de maux de tête que le contenu du rapport lui-même. C’est ce qui est ressorti d’une conférence de presse organisée le 25 novembre dernier par le Syndicat des travailleurs et des travailleuses du Nord et l’association médicale de Stanton. Pour les deux groupes, l’arrêt de travail soudain du directeur général de l’hôpital, Dennis Cleaver, démontre qu’il y a anguille sous roche. Le conseil d’administration de l’hôpital a annoncé, lors de la sortie de la révision, que le directeur général prenait un congé d’une semaine pour réviser le contenu du rapport. Plus d’une semaine plus tard, il n’était pas de retour au travail. « Le rapport a été publié le 15 novembre, a indiqué le président de l’association médicale de Stanton, le docteur Jim Corkal. Le même jour, nous avons appris que M. Cleaver avait quitté le travail pour une semaine. Il n’est pas au travail aujourd’hui. Il ne faut pas être la tête à Papineau pour comprendre qu’il endosse les défauts du système soulevés dans la révision », a - t-il déclaré.

Autant les employés que les médecins voient d’un mauvais œil la décision d’écarter celui qui dirige l’établissement. La présidente de la section locale 11 du Syndicat des travailleurs et des travailleuses du Nord, Suzette Montreuil, estime que la situation actuelle est déjà assez instable. Un changement à la tête de la direction ne fera qu’accentuer la baisse de moral des employés. « Nous ne croyons pas que la responsabilité du problème du recrutement et du maintien en poste relève d’un seul homme, mais plutôt des politiques et des pratiques du gouvernement des T.N.-O. », a-t-elle laissé savoir. Ce point de vue est partagé par l’association médicale. Lors d’une rencontre extraordinaire, tenue le 20 novembre dernier, les employés ont tenu un vote de confiance sur Dennis Cleaver. Sans dévoiler les résultats, Jim Corkal a affirmé que l’unanimité s’est dégagée des rangs. « M. Cleaver est la personne la plus appropriée pour diriger l’hôpital pour la mise en oeuvre des recommandations. »

Là où le problème se pose, selon le président Jim Corkal, c’est dans les rapports entretenus entre le ministre de la Santé et des Services sociaux, Michael Miltenberger et le conseil d’administration de l’hôpital. Il estime qu’il y a un manque d’indépendance entre les deux entités. Sans déclarer ouvertement que les employés n’ont plus foi en la personne de Miltenberger, le docteur Corkal a indiqué que la combinaison actuelle n’est pas dans le meilleur intérêt de l’hôpital. « Les médecins ont exprimé des inquiétudes face à la relation qui existe entre le ministre de la Santé et le conseil d’administration. » Cette inquiétude s’est d’ailleurs concrétisée par l’envoi d’une lettre demandant l’appui du… premier ministre Stephen Kakfwi. « Il a été très coopératif dans toute cette histoire », a mentionné Jim Corkal.

La redéfinition des rôles tant du ministre que du conseil d’administration est d’ailleurs l’une des priorités de la révision de l’hôpital territorial. L’association médicale de Stanton estime que cette redéfinition permettra de mieux comprendre quels sont les rôles de l’hôpital. « J’aimerais voir un CA avec une position plus proactive, qui défend le rôle de l’organisation », a indiqué le docteur Corkal.

Du côté du contenu de la révision, l’ensemble des employés estime que la plupart des recommandations doivent être mise en œuvre, le plus rapidement possible. « Nous devons inviter les intervenants à développer le meilleur procédé de mise en oeuvre des recommandations. Il faut les réviser, décider lesquelles sont appropriées, et mettre sur pied un plan de mise en opération », a laissé entendre la présidente de la section locale 11, Suzette Montreuil.

Un autre document

Le15 novembre, le ministère de la Santé et des Services sociaux publiait également un plan de recrutement et du maintien en poste des employés, qui, jusqu’à maintenant, fait grincer des dents. Selon la section locale 11, ce plan ne met l’emphase que sur le recrutement et délaisse le maintien en poste. Ce qui ne plaît pas du tout aux travailleurs. « Les employés ont mis dans leur travail une bonne partie de leur vie personnelle et familiale, a indiqué Suzette Montreuil. Ils font face à des situations stressantes depuis un bout de temps déjà et ils perçoivent ce plan comme une gifle au visage. » Le syndicat demande la révision de ce plan. La présidente a affirmé que quelques employés, à la suite de la publication de ce plan, ont exprimé leur désir de quitter le système de santé.