Conseil de la Fédération : La stratégie énergétique canadienne demande de l'effort

02 août 2012
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S’ils ont la vision d’une stratégie énergétique nationale, les membres du Conseil de la Fédération ne regardent pas tous dans le même sens.

Alors qu’ils se sont rencontrés en Nouvelle-Écosse pour la réunion estivale du Conseil de la Fédération, les premiers ministres provinciaux et territoriaux ont passé l’ensemble de la matinée du vendredi 27 juillet à émanciper leur vision partagée de l’énergie au Canada. Adoptée en 2007, cette vision se veut maintenant la base d’une stratégie nationale sur l’énergie permettant le développement des ressources énergétiques au Canada.
À l’issue de leur rencontre, le Conseil a mis en place un groupe de travail, mené par la première ministre de l’Alberta, celle de Terre-Neuve-et-Labrador et le premier ministre du Manitoba, qui élaborera cette stratégie avec les ministres de l’Énergie des provinces et territoires. Durant les discussions, le premier ministre ténois a mentionné le souhait de trouver, au sein de la future stratégie, les opportunités de développer et mettre en marché les ressources naturelles septentrionales, qu’elles soient pétrolifères, gazières ou hydroélectriques. « Pour que le Canada devienne une super puissance énergétique, il est important que les ressources du Nord et particulièrement celles des Territoires du Nord-Ouest soient mises en marché au Sud », a réitéré Bob McLeod en conférence de presse.
Un autre point sur lequel il a mis l’emphase, est le coût de l’énergie au nord du 60e parallèle. Il faut ici, comprendre la dépendance au diesel des collectivités isolées ténoises qui ne reposent que sur des génératrices comme source d’électricité. Le premier ministre veut développer l’exploitation des énergies renouvelables et chercher des méthodes alternatives d’approvisionnement. Une direction qui s’inscrit indiscutablement au sein d’un effort national de réduction d’émission des gaz à effet de serre également souhaité par les TNO qui se disent préoccupés par le réchauffement climatique.

Mésentente énergétique
Selon le premier ministre ténois, dans le contexte d’une stratégie énergétique canadienne, l’Alberta et les Territoires du Nord-Ouest sont sensiblement dans la même situation : les deux gouvernements doivent trouver le moyen de traverser d’autres provinces pour atteindre leurs consommateurs d’énergie fossile. C’est le cas pour l’Alberta qui aimerait traverser la Colombie-Britannique pour acheminer une partie de la production des sables bitumineux vers des bateaux en partance pour la Chine. Pour les TNO, il est important que la ressource énergétique extraite de la vallée du Mackenzie puisse rejoindre le marché États-Unien situé de l’autre extrémité de l’Alberta. M. McLeod se questionne alors dans son cas : « si nous ne pouvons pas distribuer notre gaz naturel aux États-Unis, si nous sommes bloqués par les provinces à travers lesquelles nous devons transporter notre pétrole et notre gaz, et bien quelles alternatives avons-nous? »
Cette inquiétude s’est avérée fondée alors que le projet Northern Gateway Pipeline, a réussi à mettre de l’huile sur le feu dans les négociations de cette entente énergétique nationale. Menant la Colombie-Britannique à s’exclure, pour le moment, de l’exercice d’élaboration de la stratégie canadienne. La première ministre de la Colombie-Britannique, Christy Clark a déclaré le 27 juillet qu’elle rejoindrait les discussions sur l’énergie lorsqu’elle sera certaine que les exigences de son gouvernement soient adressées. Suivant les cinq termes mis en avant par sa province, la première ministre Clark, a rappelé que les projets de pipeline seraient soumis à des conditions strictes pour obtenir le soutien du gouvernement. Elle a énuméré l’achèvement d’une analyse environnementale; la mise en place de mesure de prévention, de réponse, et de restauration des déversements terrestres et marins d’hydrocarbures; le respect des obligations juridiques envers les traités et les droits autochtones; et finalement l’obtention d’un pourcentage acceptable des retombées économiques et fiscales de ces projets à l’image des risques encourus par la province.
Occultant les revendications de Mme Clark, le premier ministre ténois considère que la stratégie doit avancée et que le débat doit s’élever des problèmes d’un projet spécifique. « Nous ne voulons pas qu’une stratégie énergétique nationale ne soit pas développée en raison des problèmes d’un projet en particulier. Nous aspirons à établir cette stratégie à un niveau supérieur. Nous pouvons développer les termes et une stratégie qui va nous permettre de poursuivre, et éventuellement la Colombie-Britannique nous rejoindra. »
Malgré le vœu de chef du gouvernement territorial, ce différend qui rétrécit considérablement le tremplin économique vers l’Orient et particulièrement la Chine, pourrait avoir beaucoup plus de poids au sein du conseil de la fédération, alors qu’au mois de septembre prochain, une délégation canadienne s’arrêtera à Pékin, Shanghai et Hong Kong pour renforcer les relations avec l’un des partenaires commerciaux du Canada ayant la croissance la plus rapide au monde.