Négociations avec les médecins spécialistes : La santé en péril

06 juin 2003
0 Commentaire(s)
La prestation des soins de santé aux TNO risque de donner du fil à retordre aux autorités, le 1er juillet prochain. Les quinze médecins spécialistes de l’hôpital territorial de Stanton ont rejeté l’offre finale du gouvernement des Territoires du Nord-Ouest, au terme de trois jours de négociations intenses. Le GTNO a proposé aux spécialistes d’aller en arbitrage pour régler le différend concernant les salaires et les bénéfices, option qui a également été rejetée par les médecins spécialistes, qui sont sans contrat depuis plus d’une année. Si une entente n’est pas conclue d’ici le 1er juillet, 12 des 15 spécialistes de l’institution de santé risquent de mettre à exécution leurs menaces de démission.

La dernière offre salariale du gouvernement s’est chiffrée à 27 % sur deux ans. Les spécialistes, de leur côté, ont demandé une augmentation de 57 % sur deux ans, soit plus d’un million de dollars de plus pour la première année et plus de trois millions supplémentaires pour la deuxième année. Le fossé entre les deux parties est important et l’arbitrage est la seule option, selon le gouvernement, pour parvenir rapidement à une entente. « Nous pensons avoir fait une offre très concurrentielle, a mentionné le ministre de la Santé et des Services sociaux, Michael Miltenberger. Nous avons déposé une offre finale et nous avons suggéré un moyen de régler le problème, un moyen indépendant, et ça a été rejeté », a-t-il ajouté, exprimant du même souffle son inquiétude face à la situation. « Les spécialistes occupent une place très importante dans notre système de santé et je suis inquiet. Je veux m’assurer que nous parviendrons à une entente avec eux. »

Aucune autre session de négociations n’a été prévue pour le moment. Le ministre espère que les spécialistes prendront quelques jours pour analyser l’offre du gouvernement. Celui-ci a proposé une diminution du nombre de jours de congés, soit de 36 à 46 jours, comparativement à près de 60 jours inclus dans le contrat précédent. Les spécialistes exigent de 56 à 66 jours de congés. Le ministère espère que les spécialistes, qui bénéficient d’un contrat individuel, vont y penser à deux fois avant de quitter les Territoires du Nord-Ouest. « C’est maintenant au tour de chacun des spécialistes de décider s’il veut rester ici et d’informer le gouvernement de sa situation d’emploi », a mentionné Michael Miltenberger.

L’annonce de la rupture des négociations a été suivie par la publication du plan d’urgence du ministère de la Santé et des Services sociaux. Ce plan, en constante révision, devrait permettre, selon le ministre Miltenberger, d’assurer la continuité des soins de santé. « Nous travaillons sur ce plan d’urgence tous les jours pour nous assurer que nous allons combler tous les besoins. »

Jusqu’à maintenant, l’embauche de spécialistes remplaçants permettra de combler les besoins dans les secteurs de la chirurgie et de l’obstétrique. Certains médecins généralistes avec spécialités seront transférés pour offrir des services d’anesthésie et de psychiatrie. Les soins de médecine interne seront assurés par deux spécialistes qui resteront en poste. Aucune solution n’a été trouvée pour les services d’oto-rhino-laryngologie, d’ophtalmologie, d’orthopédie, de pédiatrie et de radiologie. Les cas urgents seront transférés à Edmonton. « On travaille pour faire en sorte que la santé des patients ne soit pas mise en péril », a indiqué le ministre.

Les médecins spécialistes des TNO reçoivent un salaire de base de 240 000 dollars, auquel s’ajoute divers bénéfices. Le ministère estime qu’il est difficile de comparer les salaires du Nord avec ceux du Sud, mais que le modèle ténois est tout à fait compétitif. La plupart des spécialistes au Sud sont rémunérés à l’acte, ce qui signifie qu’ils doivent traiter le plus grand nombre de patients pour obtenir un salaire. Ces spécialistes doivent, de plus, défrayer les frais d’administration reliés à l’opération d’une clinique, comme le salaire des employés. Les spécialistes du Nord n’ont pas à assumer ces dépenses pour pratiquer leur spécialité.

Les médecins spécialistes sont en négociation avec le gouvernement des Territoires du Nord-Ouest depuis novembre 2001.