Éditorial : La résistance est futile

25 septembre 2014
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Une députée fédérale néo-démocrate a dû retirer des réseaux sociaux une campagne de sociofinancement fort inusitée. Elle offrait notamment de mentionner votre nom à la Chambre des communes pour un certain montant de don.
Cette campagne de financement n’aura duré que quelques heures, se terminant dès que les médias ont ébruité la chose.
C’est quoi le problème?
Cette approche de sociofinancement est très populiste. Pensez à toutes les stations de radio qui offrent la possibilité de souhaiter des vœux en ondes à des parents ou des amis. Il s’agit souvent des émissions qui ont les meilleures cotes d’écoute. Au lieu de stations de radio à la remorque des industries culturelles, les gens ont pendant quelques minutes la chance d’avoir une radio qui les écoute et leur ressemble.
Regardons les autres méthodes de financement plus classiques.
Une rencontre dans une salle de réunion aseptisée. Autour de la table, des magnats du pétrole et un aspirant politicien discutent. Des millions de dollars en financement en provenance des propriétaires et des employés de ces compagnies et toutes les restrictions réglementaires nous protégeant de la fracturation hydraulique seront levées.
Une rencontre dans un saloon aux lumières tamisées. Autour de la table, un entrepreneur en construction de béton et un aspirant politicien discutent. Quelques milliers vers le parti, quelques autres vers un compte caché et les contrats suivront l’élection.
Un souper-bénéfice à 1 000 $ du couvert. Ça ramasse pas mal d’argent pour le parti, mais ce ne sont pas monsieur et madame Tout-le-Monde qui se retrouvent à avoir l’oreille attentive des aspirants politiciens présents.
Depuis des années, les groupes d’intérêts privés financent les partis politiques souvent à l’insu des regards. Et les tractations qui en découlent ne sont pas souvent à l’avantage des citoyens ordinaires. Et est-ce qu’on se demande vraiment pourquoi le gouvernement a soudainement autorisé l’exploration sous-marine au large de l’île de Baffin alors que toutes les collectivités riveraines s’y opposaient?
Je répète la question : c’est quoi le problème de donner la chance à monsieur et madame Tout-le-Monde d’entendre leur nom prononcé à la Chambre de communes? Est-ce pire que les autres pratiques de financement?
Malheureusement, la députée a dû faire marche arrière, sa résistance aux habitudes traditionnelles de financement ayant été futile.