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Environnement

Arsenic à Giant Mine : La réflexion collective débute

Favori Impression :: La réflexion collective débute Simon BérubéSimon Bérubé
Paru le 17 janvier 2003
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Une chose est certaine : l’arsenic demeurera dans la région de Yellowknife pour des années. La population est invitée à faire connaître son opinion entre laisser le déchet toxique sous la terre, ou l’amener à la surface.

C’est le 14 et le 15 janvier dernier qu’avait lieu l’atelier marquant le départ d’une consultation publique exhaustive sur la gestion des 237 000 tonnes d’arsenic enfouies à la mine Giant. Au cours de cet atelier, la firme SRK Consulting déposait officiellement son rapport, tandis que le Comité indépendant d’évaluation par les pairs faisait connaître son opinion sur le rapport final.

« En tant que comité, nous sommes généralement d’accord sur le fait qu’au niveau actuel des études, SRK Consulting a sélectionné les deux alternatives les plus prometteuses pour une révision exhaustive par la communauté, les intervenants locaux et le public », a laissé savoir Fred Matich, président du comité d’évaluation.

Ce comité d’évaluation est composé de neuf membres ayant chacun une spécialisation reliée au problème auquel la population de Yellowknife fait face. Ces spécialistes proviennent de partout au Canada.

Au cours de la soirée du 14 janvier, Darryl Hockley, de SRK Consulting, a confirmé la prépondérance de deux options parmi la douzaine d’alternatives évaluées pour le rapport final. Ces options sont la tranformation des voûtes souterraines contenant de l’arsenic en blocs de glace (in situ) ou l’extraction de l’arsenic avant de la fixer dans le ciment (ex situ). M. Hockley recommande aussi au ministère des Affaires indiennes et du Nord de garder un œil sur le remplacement du ciment par le bitume, dont l’utilisation n’est encore que théorique. « Cependant, la technologie avance rapidement », de laisser savoir le responsable du projet pour la firme SRK Consulting.

« Les deux alternatives proposées sont celles qui représentent le moins de risque. C’est de loin la chose la plus importante qui a été considérée. Dans le cas où nous avions deux alternatives qui présentaient de bas risques, nous avons recommandé la moins coûteuse des deux », d’expliquer M. Hockley.

Plusieurs personnes ont exprimé leur déception, lors de la rencontre du 14 janvier, à l’effet qu’il n’y a pas moyen de se débarrasser de l’arsenic une fois pour toutes. Comme les États-Unis n’achètent plus d’arsenic pour traiter le bois et que les autres usages industriels de l’arsenic ne requièrent qu’une infime portion des 237 000 tonnes d’arsenic disponibles à la mine, le recyclage est impensable, a fait savoir M. Hockley. Quant au transport de l’arsenic vers une usine de traitement de l’Alberta, il nécessiterait la circulation de 12 000 camions au cours des cinq prochaines années, « ce qui représente un trop haut risque de déversement ».

« En fait, nous ne pouvons pas nous en débarrasser. Les gens font face à une décision difficile. Ils espèrent toujours qu’une nouvelle solution se pointera. Il m’est déjà arrivé de voir des endroits où les gens nous demandent de refaire les études et ils demeuraient pris avec le même problème pendant 20 ou 30 ans. J’encourage donc la population d’ici à comprendre que nous présentons les choix qui sont réalisables et que leur seul choix réaliste, pour aider le Ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada à avancer, est de choisir l’une des solutions et de la garder », de mentionner M. Hockley devant l’assistance.

D’ici mars, le MAINC conduira des consultations publiques à travers les communautés de Ndilo, Dettah et Yellowknife. Bill Mitchell, responsable du projet pour le ministère, espère qu’une solution recommandée sera envoyée à Ottawa vers le mois d’avril. Après avoir passé à travers le processus habituel d’évaluation des impacts environnementaux, on prévoit que les travaux d’assainissement débuteront d’ici 2004-2005.
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