Chronique TNO Santé : La langue parlée a-t-elle un impact sur les soins reçus?

22 septembre 2011
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Voici une question qui peut être utilisée ou qui a déjà été sujet de recherche pour plusieurs chercheurs et même sujet de discussion dans les sphères politiques. Cette chronique a pour but d’avoir un regard éclairé du côté des utilisateurs des services (patients ou clients) sur les répercutions des barrières linguistiques sur l’accès aux soins de santé et sur leur qualité.

 

Aux États-Unis, cette question a été principalement soulevée par les compagnies d’assurance motivée par un certain nombre de constats : (a) Les écarts importants de l’état de santé de population minoritaire noire et hispanophone, souvent défavorisée, et  immigrante par rapport à la population  majoritaire; (b) Les coûts plus importants pour donner des services à ces clientèles.

Au Canada, le parcours fut différent. C’est la question du multiculturalisme qui met ce sujet à l’ordre du jour. Il y a eu une prise de conscience que certaines populations n’avaient pas un accès équitable à des services de santé et que leur état de santé était plus vulnérable que l’ensemble de la population. Les intervenants étaient surtout préoccupés par les populations autochtones et immigrantes qui ne parlent ni français ni anglais.  

 

Au Canada, quatre groupes peuvent rencontrer des barrières linguistiques à l’accès aux services de santé du fait que leur langue maternelle n’est pas une langue officielle : les communautés des Premières Nations et des Inuits, les nouveaux arrivants (immigrants et réfugiés), les personnes handicapées visuelles ou auditives et les communautés minoritaires de langues officielles.

 

Plusieurs études suggèrent que, dans de nombreux cas, la langue, et non les croyances et les pratiques culturelles, constitue la plus importante barrière à l’établissement d’un premier contact avec les services de soins de santé. Au Canada, le mythe selon lequel tous les francophones (ou groupes de population : Autochtones, métis, Inuits, immigrants, etc.) qui vivent en situation minoritaire sont bilingues et qu’en conséquence, ils n’ont pas besoin de services de santé en leur langue maternelle, est tout simplement faux.

 

Les effets négatifs des barrières linguistiques et culturelles sur la qualité des services et l’efficacité et l’efficience du système de santé sont nombreux :

-       Réduction du recours aux services préventifs, dont la santé mentale;

-    Augmentation du temps de consultation, du nombre de tests diagnostics et de la probabilité d’errer dans les diagnostiques et les traitements;

-       Influence sur la qualité des services par manque d’une bonne communication;

-       Diminution de la probabilité de fidélité aux traitements;

-       Réduction de la satisfaction à l’égard des soins et services reçus;

-       Augmentation des coûts des soins de santé.

 

Alors n’hésitez pas à demander des services dans votre langue.

SERVICES EN FRANÇAIS, DEMANDEZ-LES!

 

 

 

Ressources à consulter

S. Bowen, 2001, Santé Canada, Barrières linguistiques dans l’accès aux soins de santé : http://www.hc-sc.gc.ca/hcs-sss/pubs/acces/2001-lang-acces/index-fra.php

H. Gauthier, Colloque Réseau TNO Santé en français, La santé et les compétences linguistiques et culturelles, Yellowknife, mai 2011.