Les ours ont de la compétition ! : La cueillette de canneberges

28 septembre 2001
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Charnue, brillante et ferme, elle accompagne autant le carnivore que le végétarien.

Ah la canneberge ! Il y a la canneberge rampante que l'on trouve aux Territoires du Nord-Ouest, et la canneberge blanche qui pousse en bordure de la baie d'Ungava (Québec).

Qu'elle soit mêlée à du caribou, à des muffins ou à votre dinde pour le traditionnel réveillon de Noël, celle que l'on surnomme atoca (ou en langage botanique vaccinium macrocarpon) pousse dans les tourbières, les forêts de montagne et les endroits sablonneux d'Amérique du Nord. Mais on la retrouve également en Asie et en Europe.

C'est en Colombie-Britannique et au Québec que se cultive 90 % de la production nationale de canneberges, dont plusieurs prendront le chemin des États-Unis pour y subir quelques transformations et vous revenir sous la forme de jus Ocean Spray.

Toutefois, les habitants du Nord se chargent de lui faire subir les pires supplices sans avoir recours au voisin.

Si vous la croquez, la canneberge crue vous fera plisser des yeux avec son petit goût un peu surette. Mais si vous la laisser passer la nuit avec des granules de sucre, ou « dégorger » pour employer le langage des chefs, elle régalera vos papilles.

Écrasée, elle vous donnera un coulis et si vous la préférez en jus, vous éviterez peut-être une infection urinaire.

Les bienfaits de ce petit fruit sont connus des Autochtones qui l'utilisaient pour soigner les problèmes de vessie et de reins. La canneberge possède donc de grandes propriétés médicinales favorisant, entre autres, la digestion.

Mis à part son efficacité pour prévenir les infections urinaires, la canneberge adoucit l'odeur de l'urine et peut également prévenir la gingivite et la parodontite (inflammation des gencives). Elle favorise également la circulation sanguine. Composée à 88 % d'eau et riche en vitamine C, on raconte que plusieurs marins de la Nouvelle-Angleterre, qui goûtaient au petit fruit charnu, n'étaient pas victimes du scorbut, une maladie apparentée au manque de vitamine C.

Qu'attendez-vous pour aller en faire la cueillette ? Ne soyez toutefois pas imprudents, comme certains, lorsque vous vous aventurez dans le territoire de l'ours. Rappelez-vous que lorsque vous allez faire la cueillette de petits fruits, vous lui faites compétition, car l'ours se remplit la panse en prévision des longs mois d'hibernation. Alors soyez bruyants, et apportez du déterrent à ours (bear spray).

Et si vous êtes du genre douillet, vous pouvez aller à l'épicerie et tenter les deux recettes suivantes. Bon appétit !